Dans une intervention remarquée sur la chaîne algérienne AL24, Sébastien Périmony, membre actif du parti français Solidarité et Progrès, a dressé un tableau sombre de la situation politique française sous la présidence d’Emmanuel Macron. Selon lui, la situation politique en France s’aggrave à mesure que le président s’accroche au pouvoir en usant de l’article 49.3, un mécanisme qui, bien que légal, traduit un affaissement démocratique profond. Dénonçant une gestion autoritaire et une politique d’austérité destructrice et totalement à la dérive, il estime que la déchéance du régime actuel est presqu’ imminente.

Pour Sébastien Périmony, l’utilisation répétée de l’article 49.3 par le gouvernement Macron ne constitue pas seulement une stratégie pour contourner l’opposition, mais traduit une crise profonde de gouvernabilité. « La fissure entre le peuple français et le gouvernement ne fait que se creuser », affirme-t-il. Cette rupture du seuil, illustrée par des manifestations croissantes et un mécontentement populaire généralisé, met en lumière une administration coupée de la réalité sociale. Un pouvoir de plus en plus isolé des aspirations populaires et complètement fragilisé par ses décisions hasardeuses et sans grande légitimité.
Le recours systématique voire excessif de l’article 49.3, qui permet d’imposer des textes sans vote parlementaire, est perçu par Périmony comme un instrument anti-démocratique. « Le Nouveau Front Populaire est arrivé en tête des législatives, mais Macron impose sa politique contre la volonté populaire », insiste-t-il. Dénonçant un pouvoir en ruine et en mettant l’accent sur une fronde généralisée, Sébastien Périmony révèle un échec économique et social préjudiciable à la stabilité politique, la cohésion sociale et la démocratie en France.
La politique budgétaire menée par l’exécutif est une autre cible des critiques de Périmony. Il dénonce notamment la réduction des aides sociales et des budgets ministériels, tout en augmentant l’imposition des classes moyennes et des grandes entreprises. « On coupe partout pour tenter de maîtriser un déficit qui reste pourtant abyssal », s’indigne-t-il.
D’après Périmony, l’usage répété du 49.3, notamment pour imposer des budgets d’austérité, reflète une crise de gouvernabilité sans précédent. Malgré la montée en puissance du Nouveau Front Populaire lors des dernières législatives, le président continue de gouverner à contre-courant de la volonté populaire.
Il pointe du doigt les coupes budgétaires dans des secteurs clés : réduction de l’aide médicale d’État de 200 millions à 110 millions d’euros, mettant en péril le système de santé; augmentation des impôts sur les hauts revenus et les grandes entreprises du CAC 40, provoquant même l’indignation de Bernard Arnault, soutien historique de Macron; réductions drastiques des budgets alloués à la culture, l’agriculture et la recherche, entraînant une montée en puissance des contestations sociales.
Selon lui, cette stratégie de « bouts de chandelle » ne fait qu’affaiblir l’économie et creuser les inégalités. « Le budget voté à forte sollicitation des dispositions 49.3 ne satisfait ni les riches, ni les pauvres », souligne-t-il. Il cite notamment la baisse drastique de l’aide médicale d’État, la hausse des impôts sur les revenus élevés et l’augmentation des taxes sur les billets d’avion comme des mesures inefficaces qui accentuent le malaise économique. Des décisions qui, selon lui, relèvent d’une politique d’austérité aveugle, visant uniquement à masquer une dette publique devenue insoutenable.
*Une politique extérieure en perte de vitesse*
Outre les problèmes internes, Périmony critique également la gestion des affaires internationales par Macron. Il affirme que la France a perdu son influence diplomatique sous sa présidence, notamment en Afrique où plusieurs pays s’émancipent du néocolonialisme, qu’au sein des BRICS et de l’Europe. « Il a réussi à se fâcher avec tout le monde », ironise-t-il, soulignant l’émergence du bloc des BRICS et la montée en puissance des économies émergentes au détriment de la France. Sébastien Périmony évoque également le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Ce qui ne fait qu’accentuer cette marginalisation.
En outre, il met en avant le rôle ambigu du Rassemblement National dans la situation politique actuelle. « Le RN détient aujourd’hui un pouvoir de vie ou de mort sur le gouvernement », affirme-t-il, pointant du doigt l’influence de l’extrême droite sur les décisions de l’exécutif. Selon lui, l’obsession du gouvernement à vouloir se maintenir au pouvoir jusqu’en 2027 pourrait se heurter à une nouvelle motion de censure, si le RN et le Nouveau Front Populaire décident de s’allier pour renverser l’exécutif.
*Macron : un général sans troupe ?*
Sébastien Périmony ne mâche pas ses mots. Il parle d’un président isolé et un régime au bord de l’implosion : « Les rats quittent le navire. », dit-il pour évoquer l’abandon progressif de Macron par ses anciens alliés, y compris les grandes figures de la finance et des médias. Il ironise même en le comparant à « Vincent Lagaf’ de la finance », dénonçant l’incohérence de ses choix économiques et diplomatiques.
Périmony estime que l’avenir politique d’Emmanuel Macron est plus incertain que jamais. Si le président espère tenir jusqu’en 2027, il devra affronter d’autres motions de censure et de nouvelles tensions sociales, notamment autour des prochaines réformes sur les retraites et l’assurance chômage. Enfin, il met en garde contre l’influence grandissante du Rassemblement National, qui joue une partie stratégique dans cette instabilité. Macron se retrouve ainsi pris en otage par l’extrême droite, incapable d’adopter une ligne politique claire pour maintenir son pouvoir.
*Une alternative possible avec Solidarité et Progrès ?*
Face à cette situation qu’il juge chaotique, Périmony présente son parti, Solidarité et Progrès, comme une alternative crédible au « système Macron » tombé en disgrâce. Défendant une vision de développement économique et de coopération internationale, il plaide pour un changement profond de paradigme politique en France. Il prône un modèle politique axé sur la souveraineté nationale et un développement économique audacieux. Son discours séduit un électorat en quête d’un véritable changement, loin des politiques d’austérité et des querelles partisanes traditionnelles. « Nous devons sortir de cette logique d’austérité et redonner à la France sa place dans un monde en mutation », conclut-il. L’ère Macron touche-t-elle à sa fin ? Pour Sébastien Périmony, la réponse est claire : la chute est inévitable, seule la vitesse à laquelle elle surviendra reste à déterminer, même si du côté du parti Solidarité et Progrès, on prévoit déjà des élections anticipées, en cas de force majeure.
CMM