Au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, siège de l’Assemblée nationale du Bénin, la cérémonie hebdomadaire de montée des couleurs de ce lundi 9 mars 2026 s’est déroulée dans une atmosphère empreinte d’émotion et de gravité. À cette occasion, le président de l’institution parlementaire, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, a invité l’ensemble du personnel militaire et civil à observer une minute de silence en mémoire des soldats béninois tombés lors de la récente attaque terroriste survenue dans la commune de Karimama, dans le nord du pays.

Cette initiative solennelle visait à honorer la mémoire des militaires qui ont perdu la vie dans la nuit du 4 au 5 mars 2026, lors d’une attaque armée contre un camp militaire situé à proximité du village de Kofouno, dans la commune de Karimama. La localité se trouve à une quinzaine de kilomètres de la frontière avec le Niger et à environ 700 kilomètres de Cotonou, dans une zone stratégique confrontée ces dernières années à des incursions de groupes armés terroristes.
Une cérémonie des couleurs marquée par le recueillement
Comme chaque début de semaine, les agents civils et militaires de l’Assemblée nationale se sont rassemblés pour la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs. Ce rendez-vous républicain, qui se tient chaque lundi, constitue un moment symbolique rappelant l’attachement aux valeurs de la Nation, au respect des institutions et à l’engagement au service de la République.

Cependant, la cérémonie de ce lundi a pris une dimension particulière. À l’initiative du président Joseph Fifamin Djogbénou, le rituel patriotique s’est transformé en un moment de recueillement national. Devant le drapeau béninois hissé aux couleurs de la République, l’ensemble du personnel parlementaire a observé une minute de silence en hommage aux soldats tombés sur le champ d’honneur.

Ce geste solennel traduit la solidarité de la représentation nationale envers les Forces de défense et de sécurité engagées quotidiennement dans la protection du territoire et la préservation de la paix.
Quinze soldats tués lors de l’attaque
Selon les informations rendues publiques par le porte-parole de l’armée béninoise, le colonel James Johnson, l’attaque terroriste perpétrée dans la zone de Karimama a causé la mort de quinze soldats et fait cinq blessés au sein des Forces armées béninoises.
Cette offensive, attribuée à des groupes armés opérant dans la région frontalière du Sahel, illustre une nouvelle fois les défis sécuritaires auxquels le Bénin est confronté dans ses zones septentrionales. Depuis plusieurs années, le pays renforce ses dispositifs militaires et sécuritaires dans le nord afin de contenir la progression des groupes terroristes actifs dans les pays voisins.
L’hommage de la représentation nationale
À travers cette minute de silence et le recueillement observé au Palais des Gouverneurs, l’Assemblée nationale a voulu adresser un message fort de reconnaissance et de soutien aux soldats engagés sur les lignes de front.

Par ce geste symbolique, l’institution parlementaire exprime également sa compassion envers les familles endeuillées par cette tragédie nationale, tout en saluant le courage et le sacrifice des militaires qui veillent à la sécurité du pays au péril de leur vie.
Un appel au sens du devoir
Dans la continuité de cet hommage, le président de l’Assemblée nationale a exhorté l’ensemble du personnel de l’institution à demeurer fidèle aux exigences de discipline, de déontologie et d’éthique professionnelle dans l’exercice de leurs fonctions.
Pour le professeur Joseph Fifamin Djogbénou, la qualité du travail administratif et parlementaire constitue également une contribution essentielle à la consolidation de l’État, au renforcement des institutions démocratiques et au développement du Bénin.
Ainsi, au-delà du moment de recueillement, cette cérémonie de montée des couleurs s’est transformée en un appel à la responsabilité collective, rappelant que la défense de la Nation ne repose pas uniquement sur les forces armées, mais également sur l’engagement quotidien de chaque citoyen au service de la République.
CMM