Offensive kurde en Iran : escalade militaire aux portes des monts Zagros, Téhéran sous pression

Plusieurs milliers de combattants kurdes auraient lancé une offensive terrestre dans l’ouest de l’Iran, marquant une nouvelle phase de tension dans une région déjà fragilisée par les rivalités géopolitiques. Selon un responsable de la Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (CPFIK), des groupes armés affiliés au Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK) seraient entrés en action dès la nuit du 2 mars, prenant position dans les zones montagneuses proches de la frontière irakienne.*

Ces affirmations, relayées par plusieurs médias internationaux, n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante.

Des mouvements signalés autour de Mariwan


D’après la même source, les opérations terrestres auraient débuté à minuit le 2 mars. Les forces iraniennes auraient évacué la ville frontalière de Mariwan le 3 mars, avant d’établir des positions défensives dans ses environs.

Les combattants du PJAK se seraient déployés dans les montagnes au sud de la ville, notamment au cœur du massif des Monts Zagros, une chaîne montagneuse stratégique qui s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres et constitue un bastion naturel pour les guérillas kurdes.

Le PJAK dispose de deux branches armées : les Unités de protection du Kurdistan oriental (YRK) ; les Forces de protection des femmes (HPJ). Ces formations sont structurées sur le modèle des groupes kurdes actifs en Syrie, connus pour leur organisation paramilitaire disciplinée et leur implantation dans les zones montagneuses.

Un possible soutien américain et israélien ?

L’offensive intervient dans un contexte de fortes spéculations diplomatiques. Plusieurs médias américains évoquent la possibilité d’un appui occidental aux groupes kurdes afin d’accentuer la pression sur Téhéran.

Selon des informations rapportées par CNN, la CIA étudierait des scénarios visant à soutenir militairement des forces kurdes dans le but de provoquer un soulèvement populaire en Iran. De son côté, Axios indique que le président Donald Trump aurait évoqué la situation avec des dirigeants kurdes en Irak, dans le contexte des tensions entre Israël et l’Iran.

Le Wall Street Journal mentionne également que l’administration américaine envisagerait de soutenir des groupes armés prêts à contester le pouvoir iranien.

Cependant, ni la Maison-Blanche ni les autorités israéliennes n’ont confirmé publiquement un quelconque plan d’armement ou de coordination militaire avec des factions kurdes opérant en Iran.

Une mosaïque kurde prête à coopérer

Outre le PJAK, plusieurs autres formations kurdes seraient disposées à coopérer avec les États-Unis et Israël, selon le responsable de la CPFIK. Parmi elles : Le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), des factions de Komala, le Parti pour la liberté du Kurdistan (PAK). Ces groupes affirment pouvoir mobiliser plusieurs milliers de combattants entraînés, prêts à être équipés si un soutien international se concrétise.

Vers un redécoupage stratégique ?

Le responsable kurde cité avance une vision plus large : celle d’un Iran qualifié de « pays multinational », composé de Kurdes, Baloutches, Azéris, Turkmènes et Arabes. Selon lui, un affaiblissement du régime central pourrait ouvrir la voie à davantage d’autonomie régionale, voire à des dynamiques indépendantistes.

Il va plus loin en évoquant la possibilité d’un futur État kurde qui constituerait un corridor stratégique reliant le golfe Persique à Israël — une hypothèse hautement sensible dans une région déjà marquée par les conflits identitaires et les rivalités de puissance.

Téhéran face à un nouveau front ?

Si l’offensive se confirme, elle représenterait l’un des défis sécuritaires les plus importants pour Téhéran depuis plusieurs années. L’Iran, déjà engagé dans des tensions régionales multiples — notamment avec Israël et dans le dossier nucléaire — pourrait se retrouver confronté à une déstabilisation interne sur son flanc ouest.

Toutefois, l’absence de confirmation indépendante appelle à la prudence. Dans une région où la guerre de l’information joue un rôle central, les annonces stratégiques peuvent aussi relever d’opérations de communication destinées à tester les réactions internationales.

Une situation à suivre de près

À ce stade, l’ampleur réelle des opérations et l’implication éventuelle d’acteurs extérieurs restent floues. Mais une chose est certaine : l’ouest iranien redevient un point névralgique des tensions moyen-orientales, où ambitions nationales, revendications identitaires et rivalités géopolitiques s’entrecroisent dangereusement.

Les prochains jours seront déterminants pour savoir si cette offensive marque le début d’un nouveau conflit ouvert ou s’il s’agit d’une démonstration de force destinée à peser dans le jeu diplomatique régional.

Cloche media monde

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde