Mali : le retour de la multinationale Barrick Gold, symbole d’une souveraineté minière réaffirmée — Réaction d’Eric Richard Ella

La décision de la multinationale Barrick Gold de reprendre officiellement ses opérations au Mali, après deux ans de tensions et un bras de fer juridique, est saluée comme une victoire majeure pour la souveraineté économique du pays. Parmi les observateurs africains qui applaudissent cette issue, le panafricaniste Eric Richard Ella félicite « la résilience du peuple malien » et « la fermeté du gouvernement face aux exigences légitimes de la nouvelle gouvernance minière ».

Un retour encadré par le nouveau Code minier malien

Après avoir été sommée de respecter le Code minier de 2023, Barrick Gold — l’un des géants mondiaux de l’exploitation aurifère — a finalement accepté les nouvelles conditions imposées par Bamako. Ce Code minier, renforcé par les autorités de transition, accorde une part plus importante des revenus à l’État malien et vise à corriger des décennies de contrats désavantageux. Il marque la volonté du Mali de récupérer une souveraineté économique longtemps affaiblie par des conventions opaques signées avant 2020.

Selon les données officielles, la mine de Loulo-Gounkoto, au cœur du litige, a généré près de 900 millions de dollars de revenus l’année dernière, faisant du Mali l’un des pays africains les mieux dotés en réserves aurifères.

Un accord historique de 430 millions de dollars

L’accord conclu entre Barrick et le gouvernement malien prévoit : le versement de 430 millions de dollars par la multinationale pour régulariser sa situation et reprendre le contrôle opérationnel du complexe minier ; l’abandon par Barrick de toutes ses procédures d’arbitrage international ; la levée des accusations portées par l’État malien contre l’entreprise ; la libération de quatre employés de Barrick qui étaient détenus dans le cadre de l’enquête nationale. Pour Eric Richard Ella, cet accord « démontre que lorsque les États africains s’unissent et affirment leur souveraineté, même les plus grandes multinationales sont obligées de respecter les règles ».

Un exemple à suivre pour le Gabon, selon Eric Richard Ella

Dans une analyse objective, Eric Richard Ella recommande ouvertement au Gabon de s’inspirer du Mali. Selon lui, la démarche malienne « prouve que les ressources naturelles doivent d’abord bénéficier aux peuples africains, et que les gouvernements ont le devoir d’imposer des règles claires, notamment en matière fiscale, aux entreprises étrangères ».

Il ajoute : « Le président du Gabon a déjà exprimé son intention de revoir l’exploitation des matières premières. Je recommande au gouvernement gabonais de sommer, lui aussi, les multinationales actives dans le secteur minier et pétrolier de renégocier les conventions, comme l’a fait le Mali. La transformation locale et la transparence doivent être des priorités. »

Un tournant pour la souveraineté africaine

L’affaire Barrick–Mali s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays africains — Mali, Burkina Faso, Niger, RDC — réclament davantage de contrôle sur leurs richesses naturelles, dans un environnement mondial marqué par la hausse du prix de l’or et des matières premières stratégiques.

Pour Eric Richard Ella, cet épisode prouve que « le temps des contrats léonins est révolu » et que l’Afrique doit cesser d’être seulement un réservoir de matières premières brutes.

CMM

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde