À quelques jours des élections législatives couplées aux communales prévues pour le 11 janvier 2026, la Cour constitutionnelle du Bénin affine les derniers réglages. Dans une interview exclusive accordée à la Télévision nationale, le Secrétaire général de l’institution, Dr Gani Romuald IROTORI, a dressé un bilan globalement satisfaisant de la formation des délégués électoraux, maillon essentiel du dispositif de sécurisation et de crédibilité du scrutin.
1 372 délégués formés sur l’ensemble du territoire
Au total, 1 372 délégués électoraux ont été recrutés et formés par la Cour constitutionnelle. Leur répartition couvre l’ensemble du territoire national : 12 délégués au niveau départemental, 160 délégués communaux, à raison de deux par commune, 1 200 délégués d’arrondissement, également à raison de deux par arrondissement. Cette organisation vise à garantir une présence effective et équilibrée de la Cour constitutionnelle à tous les niveaux clés du processus électoral.
Une organisation rigoureuse et une participation remarquable
Pour assurer le bon déroulement de la formation, des équipes ont été mises en place dans chaque département. À la tête de chaque équipe figurait un conseiller membre de la Cour constitutionnelle, assisté de chefs de groupe, de formateurs et d’agents chargés de la logistique.
Fait notable, le taux de participation a été particulièrement élevé. Contrairement aux années antérieures où l’on enregistrait parfois une dizaine, voire une vingtaine d’absents, cette session de formation n’a connu que deux à cinq absents par site, un chiffre jugé très satisfaisant par le Secrétaire général. « De manière générale, tout s’est bien passé et aucune difficulté majeure n’a été enregistrée », a-t-il souligné, saluant l’expérience et l’anticipation des équipes composées en grande partie d’anciens collaborateurs aguerris de la Cour.
La formation, point de départ de l’observation électorale
Dr IROTORI a insisté sur le caractère stratégique de la formation, qu’il considère comme le véritable point de départ de l’observation du processus électoral. Les délégués ont ainsi été outillés sur leurs missions, leurs responsabilités et les situations auxquelles ils pourraient être confrontés sur le terrain. Moment solennel de cette étape : la prestation de serment par les délégués. Ce n’est qu’après cet engagement moral et juridique qu’ils seront déployés pour observer : la campagne électorale, la veille du scrutin et le jour du vote proprement dit.
Clarification sur le couplage des élections
Interrogé sur le couplage des élections législatives et communales, une première dans l’histoire démocratique du Bénin, le Secrétaire général a tenu à lever toute confusion. Conformément à l’article 117 de la Constitution, la Cour constitutionnelle est compétente uniquement pour les élections politiques, à savoir les élections législatives et présidentielles. Les élections communales, quant à elles, relèvent de la Cour suprême. Toutefois, le Code électoral a prévu des dispositions spécifiques pour faciliter l’organisation des scrutins couplés. Dans chaque bureau de vote, il y aura deux urnes distinctes : une pour les élections législatives, une autre pour les élections communales, chacune disposant de deux assesseurs.
Les délégués de la Cour constitutionnelle se concentreront donc principalement sur l’urne dédiée aux législatives, même s’ils observeront de manière générale tout ce qui se déroulera dans le bureau de vote.
Une mission républicaine, un devoir de probité
Sur environ 8 000 candidatures enregistrées sur la plateforme, seuls 1 372 postulants ont été retenus. Pour Dr IROTORI, cette sélection ne relève ni du hasard ni de la chance, mais d’un appel au service de la République. « Ils ont été appelés par le destin pour servir la République », a-t-il affirmé, invitant les délégués à mesurer la portée de leur engagement. Les observations consignées sur les fiches mises à leur disposition serviront de base à la Cour constitutionnelle pour apprécier d’éventuelles dénonciations d’irrégularités électorales.
Un enjeu majeur pour la crédibilité du scrutin
La Cour constitutionnelle attend désormais des délégués des comptes rendus fiables, précis et exploitables, à la hauteur de la mission républicaine qui leur a été confiée. Avec cette formation jugée réussie, l’institution se dit prête à assurer pleinement son rôle de garante de la régularité et de la transparence des élections législatives du 11 janvier 2026.
Boris MAHOUTO