(Du 29 septembre 1947 au 29 septembre 2026, le Christianisme Céleste célèbre près de huit décennies d’une aventure religieuse née à Porto-Novo)
Ce 29 septembre 2026 marque une date particulière dans l’histoire religieuse du Bénin et du monde chrétien d’institution africaine. L’Église du Christianisme Céleste (ECC) célèbre ses 79 ans d’existence, depuis sa fondation le 29 septembre 1947 à Porto-Novo, alors capitale du Dahomey.
De 1947 à 2026, 79 années se sont écoulées. Une longue traversée au cours de laquelle l’Église fondée par le Révérend Pasteur Prophète Samuel Biléou Joseph Oshoffa s’est enracinée au Bénin avant de s’étendre progressivement à plusieurs pays d’Afrique et à d’autres continents.

29 septembre 1947 : le début d’une histoire singulière
Selon les sources officielles de l’Église, l’ECC est née à Porto-Novo le 29 septembre 1947, à la suite de l’appel que Samuel Biléou Joseph Oshoffa disait avoir reçu de Dieu au cours d’une expérience spirituelle. Le récit fondateur de l’Église rapporte notamment l’apparition d’un ange et l’ordre donné à Oshoffa d’entreprendre une mission d’évangélisation.
Le mouvement prend alors progressivement forme autour de ce charpentier de Porto-Novo devenu prédicateur. Son message, fortement marqué par la prière, la sanctification, la guérison spirituelle et la foi chrétienne, attire rapidement des fidèles.
L’histoire de l’ECC est ainsi intimement liée à celle de son fondateur, dont la personnalité et l’enseignement ont profondément marqué plusieurs générations de fidèles.
De Porto-Novo à l’Afrique et au monde
L’une des caractéristiques majeures de l’aventure du Christianisme Céleste réside dans son expansion rapide. Après son implantation au Bénin, l’Église gagne notamment le Nigeria, où elle connaît un développement considérable. Au fil des décennies, elle s’étend également à plusieurs pays africains et aux communautés de la diaspora en Europe et en Amérique. Le site officiel de l’Église présente aujourd’hui une présence internationale avec des paroisses et diocèses dans différents pays.
Cette expansion a contribué à faire du Christianisme Céleste l’une des expressions importantes du christianisme d’institution africaine. Des travaux universitaires ont également relevé son implantation au Bénin et dans plusieurs pays étrangers, ainsi que son importance dans le paysage religieux béninois.
Oshoffa, une figure qui continue de marquer l’Église
Samuel Biléou Joseph Oshoffa demeure la figure centrale de cette histoire. Né en 1909 à Porto-Novo, il grandit dans un environnement marqué par le christianisme protestant avant de connaître le parcours qui le conduira à la création de l’ECC. Les récits biographiques consacrés au fondateur rapportent notamment son apprentissage de la menuiserie et ses activités commerciales avant l’épisode fondateur de 1947.
Pendant près de quatre décennies, il accompagne le développement de l’Église jusqu’à son décès en septembre 1985. Il est décédé le 10 septembre 1985 à Kétu, au Nigeria, et a été inhumé à Imeko, dans l’État d’Ogun. Son héritage demeure aujourd’hui profondément présent dans la liturgie, l’organisation et la mémoire collective des fidèles célestes.
79 ans après, une Église confrontée à son propre héritage
L’anniversaire de 2026 intervient également dans un contexte institutionnel particulier. Après la disparition de son fondateur, l’Église a connu au fil des décennies différentes périodes de tensions et de désaccords autour de sa gouvernance. La Présidence de la République du Bénin a elle-même rappelé en 2025 que l’ECC avait été confrontée à des incompréhensions, rivalités et crises de gouvernance, ayant conduit à l’existence de plusieurs courants et à l’absence d’autorité consensuelle.
Une initiative institutionnelle importante a été engagée en 2025 avec l’installation, à Cotonou, d’un Conseil Supérieur de Transition de 15 membres, présenté comme une étape vers la réunification de l’Église. La cérémonie s’était déroulée le 26 avril 2025 en présence de l’ancien président béninois Patrice Talon, de membres du gouvernement, de responsables religieux et de représentants des fidèles.
Ainsi, au-delà de la célébration anniversaire, les 79 ans de l’ECC renvoient aussi à une question essentielle : comment préserver l’unité d’une institution religieuse devenue internationale tout en restant fidèle à son histoire et à l’héritage spirituel de son fondateur ?
Une identité religieuse profondément ancrée au Bénin
L’ECC occupe une place particulière dans l’histoire religieuse du Bénin. Son acte fondateur étant situé à Porto-Novo, le pays demeure associé à la naissance de cette Église qui s’est ensuite développée bien au-delà de ses frontières.
Les temples célestes, les vêtements liturgiques, les chorales, les veillées de prière, les cérémonies et les différentes pratiques spirituelles constituent désormais des éléments familiers du paysage religieux béninois.
Mais l’histoire de l’ECC ne se limite pas aux bâtiments ou aux cérémonies. Elle est aussi celle de générations de femmes, d’hommes, de jeunes et de familles qui ont contribué à faire vivre la foi céleste dans les quartiers, les villages, les villes et les pays où l’Église s’est implantée.
79 ans : entre mémoire et avenir
Le 79e anniversaire apparaît donc comme un moment de mémoire, mais également de réflexion. Mémoire du 29 septembre 1947 et de l’œuvre de Samuel Oshoffa. Mémoire des pionniers qui ont contribué à l’implantation de l’Église au Bénin et au Nigeria. Mémoire aussi des générations de fidèles qui ont porté le message céleste jusqu’aux quatre coins du monde.
Mais l’anniversaire ouvre également une nouvelle page : celle d’une Église appelée à préserver son patrimoine spirituel, à renforcer sa cohésion et à répondre aux attentes des nouvelles générations.
À l’approche de son 80e anniversaire en 2027, l’ECC dispose ainsi d’un héritage considérable : une histoire née à Porto-Novo en 1947, une implantation internationale et une mémoire religieuse profondément liée à l’histoire contemporaine du Bénin.
Du 29 septembre 1947 au 29 septembre 2026, 79 ans ont passé. Une histoire qui, pour des millions de fidèles et sympathisants à travers le monde, continue de s’écrire autour d’une même référence : l’œuvre du Prophète Pasteur Fondateur Samuel Biléou Joseph Oshoffa et la foi en Jésus-Christ.
Francisco LAWSON