Gabon : Brouille à Lambaréné, marché d’Isaac : la réaction d’Éric Ella, acteur de la société civile et panafricaniste

La récente altercation survenue au marché d’Isaac entre commerçants gabonais et béninois continue de faire des vagues, aussi bien au Gabon qu’au Bénin. Des propos jugés xénophobes auraient été tenus au cours de cette dispute, créant un climat de tension entre les deux communautés. Dans la foulée, plusieurs activistes gabonais ont été interpellés, placés en garde à vue avant d’être relaxés. De son côté, le ministère béninois des Affaires étrangères a indiqué suivre la situation de près, tout en se disant prêt à organiser un rapatriement volontaire pour tout ressortissant béninois qui souhaiterait rentrer au pays.

Dans ce contexte sensible, la voix d’Éric Ella, figure de la société civile gabonaise et panafricaniste reconnu, s’est élevée pour appeler à l’apaisement. Intervenant dans un média local, il a tenu à replacer le débat dans son cadre, en dénonçant à la fois l’instrumentalisation des réseaux sociaux et les dérives verbales qui risquent, selon lui, de fragiliser la cohésion africaine. « Être inclusif pour les Africains ne veut pas dire qu’il faut céder les emplois aux étrangers. Oui, la priorité doit être donnée aux nationaux, mais cela ne justifie en rien la stigmatisation d’autres communautés vivant sur notre sol », a affirmé Éric Ella, rappelant que les propos excessifs entendus récemment ne reflètent pas la véritable hospitalité gabonaise.

Pour lui, le Gabon demeure l’un des pays francophones les plus ouverts de la région. « Le Gabon a toujours été un pays hospitalier. La diversité des nationalités présentes sur notre territoire en est la preuve. Beaucoup de communautés vivent et prospèrent ici, sans distinction ni exclusion », a-t-il rappelé, mettant en avant l’histoire commune qui lie les peuples d’Afrique centrale et de l’Ouest.

S’il admet la nécessité d’un débat sur la régulation du commerce et la gestion des opportunités économiques, l’acteur de la société civile insiste sur la prudence à observer dans l’usage des réseaux sociaux. « Je constate qu’on y dit tout et n’importe quoi. Ces débordements verbaux peuvent causer des dommages irréparables. Les autorités doivent veiller à ce que les débats restent factuels et ne se transforment pas en règlements de comptes communautaires », a-t-il martelé.

Dans une perspective panafricaniste, Éric Ella appelle à transformer cette crise en opportunité de fraternité africaine. « Nous devons éviter que des incidents isolés deviennent des fractures profondes. Le combat panafricain, c’est celui de l’unité et de la solidarité entre nos peuples », a-t-il conclu.

À Lambaréné comme ailleurs, la tension reste vive mais maîtrisée. Les autorités gabonaises assurent travailler en collaboration avec leurs homologues béninois pour ramener le calme. La réaction mesurée d’Éric Ella, empreinte de responsabilité, apparaît comme un appel à la lucidité dans une période où les passions menacent d’éclipser la raison.

Rédaction

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde