Le procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, fait face à une deuxième accusation de harcèlement sexuel, a rapporté jeudi The Guardian. Une ancienne stagiaire non rémunérée, aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années, affirme que Khan aurait eu à son égard des avances non sollicitées et des comportements coercitifs, sous couvert de mentorat professionnel, alors qu’elle travaillait sous sa supervision en 2009. Elle décrit un climat de « pression constante ».
Karim Khan dément fermement les faits et affirme n’avoir « jamais eu de conduite inappropriée ». Il s’est temporairement mis en retrait de ses fonctions, le temps qu’une enquête interne, supervisée par un organe indépendant des Nations unies, aboutisse.
CPI : le WSJ détaille les accusations contre Karim Khan
Cette nouvelle plainte s’ajoute à une première accusation déposée plus tôt dans l’année par une collaboratrice directe, qui l’accuse de pressions répétées entre 2023 et 2024. À la suite de cette première affaire, Khan avait déjà pris un congé forcé, ses adjoints assurant alors la direction du bureau du procureur.
Ces accusations surviennent dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la CPI. En novembre 2024, la cour avait émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et l’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité lors du conflit de Gaza. La décision avait suscité une vive indignation en Israël et provoqué des critiques virulentes des États-Unis.
Malgré les pressions diplomatiques, Karim Khan avait continué ses démarches et, en mai 2025, avait sollicité de nouveaux mandats d’arrêt visant les ministres israéliens Itamar Ben Gvir et Betsalel Smotrich pour leur politique d’expansion des implantations. Ce geste avait été perçu comme une escalade majeure dans les relations déjà tendues entre la CPI, Israël et Washington.
Mandat d’arrêt contre Netanyahou : « La position du procureur Karim Khan n’est pas juridique mais politique. Il parle dans son communiqué de l' »État de Palestine » qui n’est même pas reconnu par les Nations unies. C’est un naufrage pour la CPI. »
Certains soutiens de Karim Khan estiment que ces accusations émergent dans un climat de pressions extérieures, notamment après des révélations sur des opérations secrètes attribuées à Israël visant à discréditer la CPI et à surveiller ses responsables. Toutefois, des sources internes à la cour soulignent qu’aucun élément ne permet de conclure que les plaignantes ont inventé leurs récits.
L’enquête de l’ONU se poursuit. Si des faits graves sont établis, les États membres de la CPI pourraient être appelés à voter la destitution de Karim Khan, une procédure sans précédent dans l’histoire du tribunal.
CMM
CPI : nouvelle accusation de harcèlement sexuel contre le procureur Karim Khan

Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde