Bamako s’est réveillée dans la peur et la confusion ce samedi 25 avril. Peu avant 6 heures du matin, une série de détonations suivies de tirs nourris a brutalement rompu le silence de la capitale malienne, marquant le début d’une attaque coordonnée d’une rare intensité contre des positions stratégiques de l’armée.
Selon plusieurs témoignages concordants, des explosions ont été entendues dans différents quartiers, plongeant les habitants dans une angoisse soudaine. « Nous nous sommes réveillés avec des attaques simultanées. Tout le monde a entendu ce qui s’est passé ce matin », confie un résident encore sous le choc.
Des cibles militaires stratégiques visées
Les premières informations font état d’attaques simultanées menées par des groupes armés contre plusieurs installations militaires, notamment le quartier général de l’armée à Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako. Cette garnison stratégique, où réside le colonel Assimi Goïta, constitue un symbole du pouvoir militaire en place.
Des témoins rapportent que deux puissantes détonations suivies d’échanges de tirs intenses ont secoué la zone. Les combats auraient duré plus de quatre heures, selon des sources locales citées par la BBC.
Une autre attaque a visé une base militaire proche de l’aéroport international de Bamako, entraînant la fermeture de celui-ci durant toute la journée. Par ailleurs, la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara, aurait été détruite, selon des témoignages non encore confirmés officiellement.
Une capitale sous tension, des habitants entre peur et soutien à l’armée
Au fil des heures, la ville s’est transformée en zone sous haute surveillance. Des soldats ont été déployés dans plusieurs quartiers, tandis que les axes menant aux zones sensibles étaient bouclés.

Malgré la violence des affrontements, certains habitants ont exprimé leur soutien aux forces armées. « Nos soldats ont accompli un travail remarquable. Nous prions pour le Mali », témoigne un citoyen, saluant la riposte militaire face aux assaillants.
Cependant, derrière ces messages d’encouragement se cache une inquiétude palpable. Le fait que des hommes armés aient pu atteindre des sites aussi sécurisés que la base de Kati soulève de sérieuses interrogations. « Ce n’est pas bon signe pour les autorités », analyse un expert en sécurité, pointant une possible faille dans le dispositif sécuritaire.
Une offensive d’envergure nationale
Au-delà de Bamako, ces attaques semblent s’inscrire dans une dynamique plus large. Dans le nord du pays, un porte-parole du Front de libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué la prise de positions à Kidal et Gao, affirmant que « la bataille pour la libération a commencé ».
Même si la responsabilité des attaques dans la capitale n’a pas encore été clairement établie, les autorités militaires évoquent l’implication de « groupes armés terroristes » ayant ciblé « certains sites et casernes militaires » à Bamako et dans d’autres régions.
Dans un communiqué officiel, l’armée malienne assure que les forces de défense et de sécurité « repoussent actuellement les assaillants » et que les opérations sont toujours en cours.
Réaction internationale et inquiétudes croissantes
La communauté internationale suit la situation avec une grande attention. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à ces attaques, condamnant fermement des violences qui font peser « un risque important sur les populations civiles ».
Il a réaffirmé l’engagement de l’Union africaine en faveur de la paix, de la stabilité et de la bonne gouvernance au Mali, dans un contexte sécuritaire déjà fragilisé par des années de conflits.
Un calme précaire, une situation encore volatile
Si les autorités ont annoncé un retour progressif au calme en fin de journée, plusieurs témoins affirment avoir entendu des tirs sporadiques jusque dans l’après-midi, signe que la situation reste instable.
Cette offensive coordonnée, l’une des plus marquantes de ces derniers mois, met en lumière la fragilité persistante de la sécurité au Mali. Elle rappelle surtout que, malgré les efforts militaires, le pays reste confronté à une menace diffuse, capable de frapper jusque dans le cœur de sa capitale.
À Bamako, ce samedi matin, c’est tout un pays qui s’est réveillé avec la guerre à ses portes.
RCMM