(Les organisateurs font le point des préparatifs avec la presse internationale)
À 53 jours de l’événement, le ton est donné : « Le journalisme n’est pas mort. Il se bat, il résiste, il gagne ». À Cotonou, les organisateurs de la première édition de la Nuit Internationale de la Presse (NIP) ont levé le voile, ce 19 avril 2026, sur les préparatifs et les ambitions de ce rendez-vous inédit dédié aux professionnels des médias africains et internationaux. C’était à la Résidence Ivoire de Cotonou

Une première historique pour célébrer l’excellence journalistique
Portée par son initiateur Patrice Gbaguidi, la Nuit Internationale de la Presse se tiendra du 11 au 13 juin 2026 au Bénin. L’événement se veut une réponse à un vide longtemps décrié dans le paysage médiatique africain : l’absence d’un cadre prestigieux de reconnaissance des journalistes.

Contrairement aux initiatives corporatistes revendicatives, la NIP se positionne comme une célébration du mérite, du talent et de l’engagement. « Il s’agit d’honorer ceux qui, souvent dans l’ombre et au péril de leur vie, portent la voix des peuples », a insisté l’initiateur. Au programme : distinctions, panels de haut niveau, rencontres professionnelles et moments de convivialité pour renforcer les liens entre acteurs des médias.
71 nominés et 12 pays représentés : une mobilisation internationale
La première édition affiche déjà une dimension continentale et internationale. 71 professionnels des médias ont été sélectionnés après deux mois de processus rigoureux. Au total, 12 pays seront représentés, dont le Bénin, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la RDC, le Cameroun, le Gabon, la France ou encore les États-Unis. Les invitations ont été envoyées et les accréditations en cours, tandis que les réservations d’hébergement sont déjà engagées.

La cérémonie officielle de lancement est prévue à l’Azalaï Hôtel de Cotonou, tandis que les travaux se dérouleront également à Ouidah, notamment à l’Institut Afrique Décide et au CCRI John Smith. Le point d’orgue sera la soirée de gala à la salle des fêtes La Casa de la Fiesta à Godomey, annoncée comme un moment exceptionnel de récompense et de reconnaissance.
Des panels au cœur des enjeux du journalisme africain
Au-delà des distinctions, la NIP 2026 ambitionne d’être un espace de réflexion stratégique. Sept thématiques majeures seront débattues à travers deux panels, parmi lesquelles : le statut du journaliste au Bénin, les limites juridiques de la liberté d’informer, la déontologie en Afrique, l’impact de la désinformation et de l’intelligence artificielle, l’estime de soi dans le secteur médiatique, la santé et les conditions de vie des journalistes, les pratiques du photojournalisme en ligne. Des experts et professionnels reconnus, dont Abdoulaye Housséna Assani, nominée et une professionnelle des médias accomplie animeront ces échanges.
Transparence et défis financiers : un budget de plus de 28 millions FCFA
Dans un souci de transparence, les organisateurs ont rendu public le budget prévisionnel de cette première édition : 28 millions 150 000 FCFA. Un choix assumé. « La presse exige la transparence. Nous commençons par nous-mêmes », a déclaré Patrice Gbaguidi, qui lance un appel pressant aux partenaires et sponsors pour accompagner l’événement. Déjà, plusieurs nominés ont contribué financièrement, un geste salué comme preuve d’engagement collectif.
Un appel fort aux médias, aux décideurs et aux partenaires
Les organisateurs n’ont pas manqué d’interpeller directement les professionnels des médias : « La presse africaine n’a ni Césars, ni Grammy Awards. Il est temps de créer nos propres références. » Ils invitent ainsi les rédactions africaines et internationales à relayer, analyser et faire vivre l’événement avant, pendant et après sa tenue. Un appel tout aussi appuyé est lancé aux décideurs politiques et aux entreprises pour soutenir financièrement et logistiquement cette initiative. L’objectif : faire de la NIP un rendez-vous incontournable du continent.
Kuassi Norbert Corneille : Mobiliser les médias pour faire rayonner la presse africaine
L’intervention de Kuassi Norbert Corneille est avant tout un appel fort à la mobilisation des médias africains et internationaux autour de la première édition de la Nuit Internationale de la Presse. Il invite les journalistes à s’approprier pleinement l’événement en le relayant largement, en organisant des débats et en donnant de la visibilité à toutes ses composantes. Selon lui, cette initiative ne doit pas être portée uniquement par le comité d’organisation, mais par l’ensemble du « quatrième pouvoir », appelé à jouer un rôle déterminant dans sa réussite. Il lance également un appel aux décideurs politiques et aux entreprises pour un soutien financier et logistique, indispensable à l’aboutissement de cette ambition.

Au-delà de l’aspect célébratif, Kuassi Norbert Corneille met en lumière la dimension humaine et sociale de l’événement. Il insiste sur la précarité des journalistes africains, souvent confrontés à des difficultés de santé et à l’absence de protection sociale. Saluant certaines actions de solidarité, notamment celle du président Mamadi Doumbouya pour l’évacuation sanitaire d’un journaliste, il plaide pour une reconnaissance concrète et durable du métier, ainsi que pour un engagement accru des autorités et partenaires en faveur des professionnels des médias.
Enfin, l’intervenant propose des solutions structurelles pour améliorer les conditions de vie des journalistes : la mise en place d’une caisse de solidarité, le développement de systèmes d’assurance accessibles et la création d’initiatives éditoriales comme un magazine panafricain. Son message est clair : pour être libre et efficace, le journaliste doit être sécurisé socialement. La Nuit Internationale de la Presse se veut ainsi non seulement un cadre de distinction, mais aussi un levier de transformation durable du secteur médiatique africain.
Abdoulaye Housséna Assani : Pour une presse africaine affirmée, digne et indépendante
L’intervention de Abdoulaye Housséna Assani met en avant la nécessité pour les journalistes africains de reprendre le contrôle de leur récit et de produire une information authentiquement africaine, loin des prismes extérieurs. Elle plaide pour la création d’un média panafricain porté par des correspondants du continent, capable de refléter la diversité et la réalité des pays africains. Selon elle, chaque génération a un combat à mener, et celui d’aujourd’hui consiste à affirmer une presse responsable, engagée et consciente de son rôle dans la construction de l’histoire africaine.
Elle dénonce également les conditions précaires dans lesquelles évoluent de nombreux journalistes, souvent mal rémunérés et peu considérés, tout en appelant à des réformes concrètes pour améliorer leur quotidien. Parmi les pistes évoquées figurent des partenariats sanitaires, une meilleure solidarité entre professionnels et une reconnaissance accrue de leur travail. Insistant sur la dignité du métier, elle invite ses confrères à s’organiser, à valoriser leur talent et à sortir du silence pour bâtir une presse forte, respectée et capable d’inspirer les générations futures.
Damien Pierre Houessou : Un appel à l’engagement et à la solidarité
Dans une intervention empreinte de sagesse et d’expérience, Damien Pierre Houessou rappelle que la réussite de la Nuit Internationale de la Presse dépend de l’implication de tous. Revenant sur son riche parcours professionnel, il témoigne des réalités du métier de journaliste, fait de sacrifices mais aussi de reconnaissances, tout en exhortant ses confrères à s’investir pleinement pour valoriser la profession.
À 74 ans, le doyen insiste sur la nécessité de transmettre aux jeunes générations et de bâtir une presse forte et solidaire. Il encourage chacun à contribuer, selon ses moyens, à cette initiative collective, tout en plaçant l’événement sous le signe de la bénédiction, de l’unité et de l’avenir du journalisme africain.
Patrice Gbaguidi : Une ambition portée par le Bénin pour célébrer la presse africaine
Dans son intervention, Patrice Gbaguidi souligne l’ampleur et l’engouement suscités par la première édition de la Nuit Internationale de la Presse, affirmant que tous les regards sont désormais tournés vers le Bénin. Malgré les doutes initiaux, l’événement attire un intérêt croissant au-delà des frontières, avec de nombreuses sollicitations de professionnels souhaitant y participer. Il évoque également les sacrifices personnels et l’engagement constant que requiert l’organisation d’un tel rendez-vous, qu’il porte avec détermination.
En conclusion, il insiste sur la portée historique de cette initiative, conçue pour combler un vide en offrant enfin une tribune de reconnaissance aux journalistes africains. Cette première édition se veut la pierre fondatrice d’un événement appelé à s’inscrire dans la durée, célébrant les valeurs, les talents et la résilience de la presse africaine.
Un volet humanitaire inédit pour soutenir les journalistes
Au-delà du prestige, la Nuit Internationale de la Presse intègre une dimension sociale forte. Les organisateurs ambitionnent notamment : la création d’une caisse de solidarité pour les journalistes, la mise en place de partenariats avec des structures de santé, la promotion de solutions d’assurance accessibles. Des initiatives qui répondent à une réalité souvent ignorée : la précarité et la vulnérabilité de nombreux professionnels des médias.
Hommages et reconnaissance : une presse qui se célèbre enfin
La NIP 2026 entend aussi rendre hommage aux figures emblématiques du journalisme africain, y compris celles disparues. Plusieurs intervenants ont rappelé la nécessité de mettre en lumière ces parcours souvent méconnus. Des gestes de soutien à des journalistes en difficulté, notamment en Guinée ou au Gabon, ont également été salués, illustrant l’esprit de solidarité que souhaite incarner l’événement.
« Une première pierre pour l’histoire »
En conclusion, les organisateurs se veulent ambitieux mais lucides. Cette première édition est perçue comme une fondation, appelée à grandir et à s’imposer durablement. « Nous avons décidé de combler un vide et de célébrer ceux qui font la fierté de la presse africaine. » Du 11 au 13 juin 2026, le Bénin deviendra ainsi la capitale de la presse africaine, dans un élan de reconnaissance, de réflexion et d’espoir. La promesse est claire : faire briller la presse africaine, aujourd’hui et pour toujours.
RCMM