Il a évoqué pour la première fois la possibilité que la Turquie soit contrainte d’envisager l’arme nucléaire si une course régionale aux armements venait à se confirmer.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a laissé entendre qu’Ankara pourrait être contrainte, à terme, d’envisager l’acquisition de l’arme nucléaire, si un véritable course aux armements nucléaires venait à s’installer au Moyen-Orient. Cette déclaration, formulée lors d’un entretien accordé à CNN Türk, marque un tournant rhétorique notable dans la position officielle de la Turquie.
Selon Hakan Fidan, la Turquie n’a aucun intérêt à déstabiliser l’équilibre stratégique régional. « Ankara ne souhaite pas déclencher une compétition nucléaire », a-t-il affirmé, tout en avertissant que si l’Iran devait se doter de l’arme nucléaire, la Turquie pourrait “inévitablement” être amenée à suivre le même chemin. Ces propos interviennent alors que des négociations sont en cours entre Washington et Téhéran en vue d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien.
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Dans un extrait devenu viral, le chef de la diplomatie turque a été interrogé sur l’opportunité pour son pays de posséder lui-même l’arme nucléaire. Il n’a pas répondu, se contentant de sourire et de garder le silence, un geste largement interprété comme un signal politique assumé.
Hakan Fidan a toutefois tenu à rappeler que la Turquie ne dispose actuellement d’aucun programme militaire nucléaire et reste signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Il a souligné que la question devait être abordée comme une « décision stratégique de très haut niveau ». Parallèlement, Ankara poursuit le développement de son programme civil, avec la construction de plusieurs centrales nucléaires destinées à la production d’énergie.
Le ministre a également rappelé que la Turquie accueille déjà des armes nucléaires américaines sur la base aérienne d’Incirlik, dans le cadre de l’OTAN, tout en précisant qu’Ankara n’a ni le contrôle ni l’autorisation d’utiliser ces armes.
Concernant l’Iran, Fidan a affirmé qu’il ne cherchait pas, à ce stade, à fabriquer une bombe nucléaire et a estimé que des frappes militaires ne conduiraient pas à un changement de régime à Téhéran. Il a enfin mis en garde contre un affaiblissement des garanties de sécurité américaines, qui pourrait, selon lui, favoriser une prolifération nucléaire non seulement au Moyen-Orient, mais aussi en Europe et en Asie.
Ces déclarations font écho à des propos plus anciens du président Recep Tayyip Erdoğan, qui avait déjà contesté l’ordre nucléaire mondial, jugeant inacceptable que certaines puissances disposent de l’arme atomique tandis que d’autres en soient exclues.
CMM
Tensions au Moyen-Orient : la Turquie évoque pour la première fois l’option nucléaire en cas d’escalade régionale
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde