Seuls 645 000 bébés sont nés en France en 2025, soit 2,1% de moins qu’en 2024
La France franchit un cap démographique historique. Selon les chiffres publiés mardi 13 janvier par l’Insee, le pays a enregistré en 2025 davantage de décès que de naissances, du jamais-vu depuis la fin de la seconde Guerre mondiale.
Au 1er janvier 2026, la population française s’élevait à 69,1 millions d’habitants, dont 2,3 millions dans les départements et régions d’outre-mer. Si elle continue de croître (+0,25%), cette progression ralentit et repose désormais exclusivement sur l’immigration.
Le solde migratoire, estimé à +176 000 personnes, compense désormais à lui seul l’évolution démographique du pays. Car pour la première fois, le solde naturel – différence entre naissances et décès – est passé dans le rouge : -6 000 personnes.
« Ce qui frappe, c’est la rapidité avec laquelle le solde naturel s’est effondré ces dernières années, sous l’effet d’une chute brutale de la natalité », a souligné Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee. En 2015, ce solde affichait encore +200 000 personnes.
Une natalité en chute libre
Seuls 645 000 bébés sont nés en France en 2025, soit 2,1% de moins qu’en 2024. C’est le niveau le plus bas enregistré depuis 1945, et ce pour la quatrième année consécutive. Par rapport au pic de 2010, la baisse atteint 24%.
Le taux de fécondité s’est établi à 1,56 enfant par femme, contre 1,61 en 2024. Il s’agit du niveau le plus faible observé depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Cette dégringolade est d’autant plus spectaculaire qu’en 2010, l’indicateur atteignait encore 2,02 enfants par femme en métropole.
Les explications avancées par les démographes sont multiples : aspirations différentes, difficultés à trouver un emploi stable ou un logement, inquiétudes sur la conciliation vie professionnelle-familiale, anxiété climatique…
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Une récente consultation citoyenne, organisée dans le cadre d’une mission parlementaire sur la baisse de la natalité, a identifié les craintes financières comme un frein majeur au désir d’enfant. Face à ce constat, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) a appelé le gouvernement à renforcer la politique familiale.
Le baby-boom rattrapé par la mortalité
Parallèlement à l’effondrement de la natalité, les décès progressent. En 2025, 651 000 personnes sont mortes en France (+1,5% sur un an). Cette hausse s’explique par l’arrivée à des âges avancés des générations nombreuses du baby-boom, ainsi que par une épidémie de grippe « particulièrement virulente » en janvier 2025.
La France rejoint ainsi les rangs de la plupart des pays européens qui connaissent déjà une démographie similaire En 2024, seuls six pays de l’Union européenne affichaient encore un solde naturel positif.
Francisco LAWSON
France : plus de décès que de naissances en 2025, une première depuis la Seconde Guerre mondiale
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde