Delta Force : cette unité ultrasecrète de l’armée américaine derrière la capture de Maduro au Venezuela ?

Par Francisco LAWSON

Créée en 1977 au lendemain de la guerre du Viêt Nam, cette unité d’élite s’inspire du Special Air Service (SAS) britannique. Spécialisée dans les opérations antiterroristes, elle a notamment éliminé Abou Bakr al-Baghdadi en 2019 lors d’un raid nocturne en Syrie.

Le Venezuela se réveille sans président. Le chef d’État américain, Donald Trump a annoncé ce samedi 3 janvier que les forces américaines avaient « capturé et exfiltré » hors du pays le président vénézuélien Nicolás Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

Comme le révèlent notamment les médias américains CNN et CBS News, la capture de Nicolás Maduro serait l’œuvre de la « Delta Force », présentée comme « l’unité d’élite des forces spéciales de l’armée américaine ». Qui se cache derrière cette unité ultrasecrète, à l’œuvre notamment lors de l’élimination en 2019 du chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi ?

Trump annonce la mort d’Al-Baghdadi : retour sur le spectaculaire assaut
Créée à Fort Bragg, en Caroline du Nord, en 1977, au lendemain de la guerre du Viêt Nam, la Delta Force s’inspire du Special Air Service (SAS) britannique et se compose de commandos spécialisés dans les actions coup de poing, extrêmement techniques et discrètes. En France, « l’équivalent serait le Service action de la DGSE » analyse Louis Saillans, ancien commando de la Marine.

« Elle fonctionne de manière semi-clandestine »
« C’est l’une des unités de forces spéciales des États-Unis. Sa particularité par rapport à d’autres unités, comme les Rangers, est qu’elle fonctionne de manière semi-clandestine. Elle est conçue pour des opérations très secrètes, souvent là où l’État ne pourrait pas admettre qu’il agit, ou sur des théâtres de guerre », explique l’ancien militaire.

« Elle a été créée pour s’occuper des situations non conventionnelles, comme les prises d’otages aériennes et les incidents terroristes majeurs. L’identité de ses membres et ses missions sont tenues secrètes », expliquait au Parisien en 2019 Evan Kohlmann, consultant américain en terrorisme. Ses effectifs exacts ne sont ainsi pas révélés par le gouvernement, tout comme la plupart de ses missions, souvent gardées secrètes ou dévoilées longtemps après coup par des fuites.

La première mission, en 1979, de la « Delta force » s’était soldée par un échec, l’unité n’ayant pas réussi à libérer les diplomates américains de l’ambassade des États-Unis à Téhéran, pris en otages par des étudiants iraniens le 4 novembre de cette année-là.

Depuis 1991, la Delta Force, spécialisée dans la lutte antiterroriste, la libération d’otages ou les raids de haute précision, est « au cœur des guerres successives de l’Amérique en Irak », écrit le Washington Post dans une enquête parue en 2015. L’unité a été engagée dès la première guerre du Golfe, puis lors de l’invasion américaine de l’Irak 2003 décidée par George W. Bush.

Engagée dans les guerres en Irak
Après le retrait des troupes américaines en 2011, la Delta Force a été redéployée en 2014 pour combattre l’État islamique, qui venait de s’emparer de Mossoul (Irak). Basée à Erbil, au Kurdistan irakien, elle concentre ses missions sur la traque et l’élimination de dirigeants terroristes ainsi que sur le sauvetage d’otages. C’est ainsi qu’en juillet 2014, l’armée américaine a mené un raid pour libérer les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, alors détenus par l’EI.

Selon le Washington Post, les opérateurs de la Delta Force auraient également aidé à « traquer le baron de la cocaïne Pablo Escobar » en Colombie ainsi que « Saddam Hussein et ses fidèles » en Irak.

Donald Trump annonce avoir « capturé et exfiltré » Nicolas Maduro

En octobre 2019, elle mène l’opération Kayla Mueller, visant à capturer Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’État islamique en Irak et au Levant. Lors d’un raid nocturne, les forces spéciales de la Delta Force ont décollé d’une base à l’ouest de l’Irak à bord d’une flotte d’hélicoptères pour rejoindre la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, traversant un espace aérien hostile pendant plus d’une heure.

Arrivés sur place, les commandos ont ouvert des brèches dans les murs d’un complexe où se trouvait Abou Bakr al-Baghdadi, neutralisant plusieurs combattants et capturant des suspects, tandis que des civils, dont des enfants, étaient mis à l’abri. Acculé dans un tunnel, le chef de Daech s’est suicidé en déclenchant une ceinture explosive.

« Leurs modes opératoires ne sont pas les mêmes selon l’adversaire. Là, en l’occurrence, Maduro, c’est certain, il fallait le capturer vivant. Il était hors de question ni de le blesser ni de le tuer. Je pense que l’objectif c’était une histoire de jeu diplomatique. Ils n’ont pas du tout la même approche qu’avec un chef djihadiste par exemple », conclut Louis Saillans.

« Le sol a tremblé dans de nombreux quartiers » : après l’attaque américaine à Caracas, des riverains terrorisés
Avant l’opération au Venezuela et la capture de Nicolas Maduro, les précédentes interventions des États-Unis en Amérique latine
Des premières sanctions à la capture de Nicolás Maduro : que reprochent les États-Unis au Venezuela ?
Annemasse Si vous en avez assez de chercher l’amour en ligne, ces sites vous feront changer d’avis
Annemasse Si vous en avez assez de chercher l’amour en ligne, ces sites vous feront changer d’avis
Annonce, Top 5 De La Rencontre France
Prostate gonflée après 50 ans ? Un expert supplie les Français de faire ce geste chaque matin
Prostate gonflée après 50 ans ? Un expert supplie les Français de faire ce geste chaque matin
Annonce, Santé Actuelle
« Il sera le prochain » : les menaces directes de Donald Trump qà l’encontre du président de la Colombie
« Il sera le prochain » : les menaces directes de Donald Trump à l’encontre du président de la Colombie

Partager
Suivre :
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde