« Nous savons que le Qatar achète des politiciens, nous savons que des organisations terroristes achètent des politiciens »
Une enquête diffusée dimanche soir sur la chaîne en hébreu d’i24NEWS lève le voile sur les flux financiers colossaux qui ont alimenté et continuent d’alimenter le Hamas et le Hezbollah depuis l’Iran, la Turquie et le Qatar. Ce premier volet d’un projet spécial, présenté par le journaliste spécialisé dans les affaires arabes Baruch Yedid, révèle comment Israël a sous-estimé ces circuits de financement avant le massacre du 7 octobre.
Depuis des décennies, Israël combat les sources de financement des organisations terroristes et des mandataires iraniens, partant du principe que le terrorisme ne commence pas avec la détonation d’une ceinture explosive dans un bus ou un hôtel. Le Dr Udi Levi, qui a dirigé pendant des années l’une des unités classifiées du Mossad chargée de bloquer ces canaux financiers, témoigne : « Les Palestiniens me disaient : ‘Vous ne voyez pas la véritable activité du Hamas.’ Et ils ont commencé à me montrer les écoles, les associations caritatives. »
« Les renseignements militaires ne savaient rien », poursuit Baruch (pseudonyme). « Je me souviens avoir remonté l’information en haut lieu. Ils m’ont regardé comme si j’étais ivre : ‘De quoi tu parles ?’ Pour eux, c’était Hamas militaire, cellules armées, et c’est tout. »
Depuis, les services de sécurité israéliens ont parcouru un long chemin dans leur lutte contre ces « chemins de sang ». D’après ce qui peut être révélé, plusieurs responsables financiers de certaines organisations ont trouvé la mort, d’autres ont été écartés sans comprendre pourquoi. « Dans ces structures, en général, vous savez comment vous entrez, et je peux aussi vous dire que vous savez comment vous sortez. Dans plusieurs cas, des gens sont sortis morts », confie le Dr Levi.
Mais Israël n’est pas le seul acteur sur ce terrain. Oded Ilam, expert en la matière, révèle : « Il y a pas mal de politiciens à l’étranger qui ont été achetés avec cet argent. Nous savons que le Qatar achète des politiciens, nous savons que des terroristes… que des organisations terroristes achètent des politiciens. »
De Gaza au Liban, ces fonds servent à financer l’industrie des drones, des missiles, des embarcations, du cyberespace, du renseignement et bien d’autres capacités des organisations terroristes. Cette infrastructure financière massive, nourrie par des pétrodollars et des circuits de blanchiment sophistiqués, continue de fonctionner malgré les efforts israéliens et internationaux pour la démanteler.
Cette enquête souligne l’ampleur du défi auquel fait face Israël : au-delà de la confrontation militaire, c’est une guerre financière invisible qui se joue dans les coulisses, où chaque dollar transféré représente une menace potentielle pour la sécurité du pays.
Francisco LAWSON