Soutien explosif à Israël : le chef de l’armée ougandaise évoque une intervention militaire contre l’Iran

Le ton est monté d’un cran sur la scène internationale. Le chef des forces armées ougandaises, Muhoozi Kainerugaba, a créé la polémique en affichant un soutien sans ambiguïté à Israël dans le contexte de la guerre en cours avec Iran. À travers une série de publications sur les réseaux sociaux, le général n’a pas seulement pris position : il a ouvertement évoqué une possible implication militaire de l’Ouganda aux côtés de l’État hébreu.

Dans ses déclarations, Muhoozi Kainerugaba appelle certes à une fin rapide du conflit, mais assortit ce souhait d’un avertissement clair : toute tentative visant à détruire Israël pourrait entraîner une réaction militaire ougandaise « du côté d’Israël ». Une posture qui tranche avec la prudence diplomatique habituellement observée par de nombreux États africains sur les crises du Moyen-Orient.

Une rhétorique offensive qui interroge

Le général est allé encore plus loin en affirmant que l’armée ougandaise, l’Uganda People’s Defence Force, serait prête à intervenir si le conflit venait à s’enliser. Dans un message depuis supprimé, il a même suggéré une participation directe aux opérations militaires.

Plus surprenant encore, Muhoozi Kainerugaba a déclaré avoir proposé l’aide de ses troupes à États-Unis et à Israël, allant jusqu’à affirmer que ses forces pourraient « prendre Téhéran en 72 heures sans bombardement ». Une déclaration jugée largement irréaliste par de nombreux observateurs militaires, qui y voient davantage une posture politique qu’une capacité opérationnelle crédible.

Un soutien enraciné dans l’histoire

Au-delà de ces propos spectaculaires, le chef militaire ougandais a tenu à justifier sa position par des liens historiques entre son pays et Israël. Il a rappelé le soutien israélien à l’Ouganda dans les années 1980 et 1990, soulignant qu’il serait logique de « rendre la pareille » aujourd’hui, alors que l’économie ougandaise s’est considérablement développée.

Cette relation remonte notamment à l’Opération Entebbe, une intervention militaire menée en 1976 pour libérer des otages retenus à l’aéroport d’Entebbe. Lors de cette opération, le commandant israélien Yonatan Netanyahu – frère de l’actuel Premier ministre israélien – avait trouvé la mort.

Dans la continuité de cet héritage, Muhoozi Kainerugaba a récemment annoncé un projet symbolique : l’érection d’un monument en hommage à Yonatan Netanyahu sur le lieu même de sa mort. Une initiative qui, si elle se concrétise, viendrait renforcer la mémoire commune entre les deux nations, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été apportée par les autorités ougandaises.

Entre diplomatie et démonstration politique


Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions extrêmes au Moyen-Orient, où le conflit entre Israël et l’Iran suscite des réactions bien au-delà de la région. Elles traduisent également une volonté de certains acteurs internationaux de peser, au moins symboliquement, dans une crise aux répercussions globales.

Reste à savoir si ces prises de position relèvent d’une stratégie diplomatique réfléchie ou d’une communication personnelle à forte charge politique. Une chose est certaine : en s’invitant dans ce conflit, même par des déclarations, l’Ouganda attire désormais l’attention sur son rôle potentiel dans les équilibres géopolitiques internationaux.

CMM

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde