Résultats des élections communales : les deux partis de la mouvance se taillent à nouveau la part belle

Les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale autonome (CÉNA) à l’issue des élections communales confirment une tendance lourde déjà observée lors des précédents scrutins : la quasi-bipolarisation totale de la vie politique communale autour des deux grandes formations de la mouvance présidentielle, Union Progressiste Le Renouveau (UP-R) et Bloc Républicain (BR).

Avec 48,92 % des suffrages valablement exprimés, l’UP Le Renouveau arrive en tête du scrutin et s’adjuge 963 sièges, obtenant ainsi la majorité relative dans les conseils communaux. Juste derrière, le Bloc Républicain réalise une performance tout aussi significative en recueillant 44,43 % des voix, ce qui lui permet de décrocher 852 sièges.

À eux deux, ces partis concentrent plus de 93 % des suffrages exprimés et se partagent l’intégralité effective du pouvoir communal, confirmant leur domination sans partage sur l’échiquier politique local.

Une opposition marginalisée malgré un score non négligeable

Le fait marquant de ces résultats reste toutefois le sort réservé à la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Bien qu’ayant obtenu 6,65 % des suffrages valablement exprimés, le parti n’a réussi à décrocher aucun siège communal (0). Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la représentativité politique et l’efficacité du système électoral en vigueur.

Ce scénario rappelle celui des élections législatives, au cours desquelles les 109 sièges de l’Assemblée nationale avaient déjà été entièrement raflés par les deux partis de la mouvance présidentielle. Aujourd’hui encore, les 77 communes du pays se retrouvent administrées exclusivement par des élus issus de l’UP-R et du BR, laissant l’opposition institutionnelle totalement absente des instances locales de décision.

Vers un pouvoir communal sans pluralisme ?

Ces résultats traduisent une concentration inédite du pouvoir politique local, avec des conseils communaux dominés par deux formations issues du même camp politique. Si cette configuration peut être perçue par certains comme un facteur de stabilité et de cohérence dans l’action publique locale, elle suscite également de vives préoccupations quant à la vitalité du pluralisme démocratique, au contre-pouvoir et à la diversité des voix dans la gestion des affaires communales.

À l’heure où les enjeux de gouvernance locale, de développement à la base et de participation citoyenne sont plus que jamais cruciaux, la question demeure : comment garantir un débat démocratique équilibré et inclusif dans un paysage politique désormais quasi monocolore ?

Les élections communales viennent ainsi confirmer une recomposition profonde du champ politique béninois, où la compétition électorale laisse progressivement place à une domination structurelle de la mouvance présidentielle, du sommet de l’État jusqu’aux collectivités territoriales.

CMM

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde