C’est dans la salle rouge du Palais des Congrès de Cotonou que le candidat Romuald Wadagni a officiellement lancé, ce samedi 21 mars 2026, son projet de société dans la perspective de l’élection présidentielle de 2026. Un moment fort qui, loin des envolées habituelles de campagne, s’est distingué par une tonalité sobre et structurée, davantage tournée vers la clarification politique que vers la conquête émotionnelle de l’électorat.

Dès les premières prises de parole, le cap est clairement affiché : il ne s’agit pas de rompre avec l’existant, mais de prolonger une dynamique engagée depuis 2016 sous la conduite du président Patrice Talon. Une orientation assumée qui traduit une volonté de continuité stratégique, fondée sur la consolidation des réformes entreprises et l’approfondissement des acquis. Dans un contexte politique souvent marqué par la surenchère et les promesses spectaculaires, cette posture tranche par sa cohérence et sa retenue.

Une vision de l’État fondée sur la continuité et la rigueur
Le projet présenté par Romuald Wadagni s’inscrit dans une logique de responsabilité publique continue. Ici, le pouvoir n’est pas envisagé comme une rupture opportuniste, mais comme un processus de transformation progressive, exigeant et maîtrisé. Cette approche repose sur une conviction forte : le progrès durable nécessite stabilité, discipline et vision à long terme.

Sur le plan économique, le candidat revendique des résultats significatifs. Le Bénin a franchi, pour la première fois de son histoire récente, le seuil des 7 % de croissance économique, tandis que le budget national a triplé en une décennie, passant d’environ 1 000 milliards à plus de 3 000 milliards de FCFA. Des performances présentées comme les fondations d’une « deuxième étape » du développement national, orientée vers une croissance plus inclusive et socialement redistributive.

Santé : une réforme ambitieuse centrée sur la vie humaine
Parmi les mesures phares, le secteur de la santé occupe une place centrale. Le candidat a annoncé une réforme majeure visant à garantir la prise en charge immédiate des urgences vitales, sans condition préalable de paiement ou de formalités administratives. « On soigne d’abord, on discute après », a-t-il martelé, résumant ainsi une ambition forte : mettre fin aux মৃত্য tragiques liés aux barrières financières dans les structures sanitaires.

Dans cette dynamique, Romuald Wadagni prévoit également la construction du Centre Hospitalier International de Parakou (CHIP), après le Centre Hospitalier International de Calavi. Cette nouvelle infrastructure vise à renforcer l’offre de soins dans le septentrion et à réduire les inégalités territoriales en matière d’accès à des services médicaux de qualité.
Protection sociale : vers un système intégré et inclusif
Le projet accorde également une attention particulière aux politiques sociales. Plusieurs initiatives structurantes ont été annoncées, notamment la création d’un registre national des ménages sécurisé par biométrie, le déploiement de transferts monétaires ciblés dans les domaines de la santé et de l’éducation, ainsi que la mise en place d’un SAMU social national.

Des programmes spécifiques sont également envisagés pour les personnes en situation de handicap, les personnes âgées et les populations vulnérables, avec un accent mis sur l’inclusion, l’accompagnement et l’accès aux services essentiels. L’objectif affiché est clair : améliorer l’efficacité des dépenses sociales tout en renforçant leur impact réel sur la réduction de la pauvreté.
Décentralisation économique : six pôles pour un développement équilibré
Autre pilier du projet : la structuration du territoire en six pôles régionaux de développement (Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Collines, Ouémé-Plateau, Atlantique-Littoral, Mono-Couffo). Cette approche vise à rapprocher les opportunités économiques des populations en valorisant les spécificités locales.

Chaque pôle s’appuiera sur quatre axes majeurs — agriculture, tourisme, industrie et innovation — afin de créer des écosystèmes économiques dynamiques et adaptés aux réalités régionales. Une stratégie qui ambitionne de faire émerger un développement plus équilibré et inclusif à l’échelle nationale.
Une cohérence assumée face aux enjeux de l’avenir
Au-delà des annonces sectorielles, c’est une certaine philosophie de l’action publique qui se dégage de ce projet : celle d’une continuité maîtrisée, préférée aux ruptures incertaines. Une approche qui interpelle particulièrement les acteurs politiques, économiques et la diaspora, appelés à se positionner face à un choix structurant.

Car, comme l’a souligné le candidat, l’enjeu n’est pas tant de choisir entre changement et continuité, mais de définir la nature de cette continuité : subie ou assumée, improvisée ou stratégique.
À l’heure où le Bénin poursuit sa transformation, une question demeure au cœur du débat national : la volonté politique collective sera-t-elle à la hauteur des ambitions affichées ?
CMM