La capitale économique du Bénin ouvre une nouvelle page de son histoire municipale. Avec l’accession de Luc Gnacadja à la tête de la mairie, Cotonou fait le pari de l’expérience, de la compétence et d’une vision résolument tournée vers le développement durable.
Un parcours marqué par la rigueur et l’engagement
Homme d’État aguerri, Luc Gnacadja n’est pas un novice dans la gestion des affaires publiques. Ancien ministre de l’Environnement, du Logement et de l’Urbanisme de 1999 à 2005, il s’est imposé comme l’un des acteurs clés des politiques environnementales au Bénin. À une époque où les enjeux climatiques n’occupaient pas encore le devant de la scène comme aujourd’hui, il plaidait déjà pour une urbanisation maîtrisée, une meilleure gestion des ressources naturelles et une planification territoriale responsable.
Son action ministérielle s’est inscrite dans une dynamique de modernisation et d’anticipation, posant les bases d’une réflexion stratégique sur le développement urbain dans un contexte de croissance démographique accélérée.
Une reconnaissance internationale affirmée
La carrière de Luc Gnacadja dépasse largement les frontières nationales. En septembre 2007, il est nommé secrétaire exécutif de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification par le Secrétaire général des Nations unies de l’époque, Ban Ki-moon. Cette nomination prestigieuse vient consacrer son expertise et son engagement en faveur des politiques environnementales à l’échelle mondiale.
À ce poste stratégique, il a contribué à porter la question de la désertification et de la dégradation des terres au cœur des priorités internationales, plaidant pour une gouvernance environnementale plus inclusive et solidaire.
Bien avant cela, en mars 2003, la Banque mondiale lui avait décerné le Green Award 2002, récompensant des initiatives exemplaires en matière de développement durable. Une distinction qui témoigne de la crédibilité et de la constance de son engagement.
Cotonou face aux défis du XXIe siècle
Ville carrefour, moteur économique du Bénin, Cotonou fait face à des défis complexes : urbanisation rapide, pression foncière, gestion des déchets, mobilité urbaine, érosion côtière, insalubrité par endroits, vulnérabilité climatique.
L’arrivée de Luc Gnacadja à la mairie intervient dans un contexte où la métropole a besoin d’une gouvernance structurée, d’une vision stratégique et d’une capacité à mobiliser des partenariats techniques et financiers, tant au niveau national qu’international.
Son expérience au sein des instances internationales pourrait constituer un atout majeur pour attirer des investissements, renforcer la coopération décentralisée et inscrire Cotonou dans les réseaux mondiaux des villes durables.
Un choix porteur d’espoir
En confiant les rênes de la ville à un homme rompu aux négociations internationales et aux politiques publiques structurantes, les décideurs ont fait le choix de la compétence et de la maturité politique.
Au-delà du symbole, c’est une attente forte qui s’exprime : celle d’une ville mieux planifiée, plus résiliente face aux changements climatiques, plus propre, plus fonctionnelle et plus attractive.
Luc Gnacadja arrive avec un capital d’expérience rare. Reste désormais à transformer cette expertise en résultats concrets pour les populations. Cotonou, ville-monde en devenir, attend des actes à la hauteur des ambitions affichées.
Boris MAHOUTO