Hantavirus à bord du MV Hondius : l’Europe sous haute vigilance face au risque de propagation

L’apparition de plusieurs cas d’hantavirus parmi les passagers évacués du navire de croisière MV Hondius place désormais plusieurs pays européens et nord-américains en état d’alerte sanitaire. Alors que l’Espagne affirme avoir pris « toutes les mesures nécessaires » pour empêcher toute propagation du virus, la France, confrontée à un premier cas confirmé, annonce une riposte sanitaire immédiate afin de « briser les chaînes de transmission ».

Depuis la détection du foyer épidémique à bord du paquebot, les autorités sanitaires multiplient les mesures de surveillance et d’isolement. À Madrid, le ministère espagnol de la Santé assure que toutes les dispositions prises depuis le début de la crise visaient à limiter les risques de contamination. Les autorités espagnoles réfutent ainsi toute accusation de négligence alors que la situation continue d’être suivie avec une extrême attention à l’échelle internationale.

Des cas confirmés en France et aux États-Unis

Lundi 11 mai, les autorités sanitaires françaises et américaines ont confirmé que deux passagers évacués du navire — une Française et un ressortissant américain — avaient été testés positifs à l’hantavirus. Cette annonce ravive les inquiétudes dans un contexte encore marqué par le traumatisme mondial laissé par la pandémie de Covid-19.

Malgré ces nouveaux cas, Organisation mondiale de la santé se veut rassurante. L’organisation estime que le niveau de risque épidémique reste « faible », rappelant que l’hantavirus se transmet beaucoup moins facilement que le coronavirus responsable du Covid-19.

Selon les experts, les contaminations observées concerneraient essentiellement des personnes ayant eu des contacts rapprochés dans des espaces confinés du navire, notamment des passagers partageant les mêmes cabines.

Une souche rare capable de transmission humaine

Les hantavirus sont généralement transmis par des rongeurs infectés, via leurs urines, leurs excréments ou leur salive. Toutefois, la souche identifiée à bord du navire, connue sous le nom d’« hantavirus Andes », inquiète particulièrement les scientifiques.

Cette variante rare possède en effet une capacité inhabituelle : elle peut se transmettre d’homme à homme. Les spécialistes soulignent également qu’elle présente une période d’incubation relativement longue, pouvant aller jusqu’à six semaines, compliquant ainsi le suivi des personnes exposées.

Face à cette situation, les autorités sanitaires européennes privilégient une stratégie de prévention maximale afin d’éviter toute diffusion incontrôlée du virus.

La France renforce son dispositif sanitaire

À Paris, le gouvernement français a immédiatement annoncé des mesures de contrôle strictes. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a insisté sur l’importance d’intervenir rapidement pour stopper les éventuelles chaînes de contamination.

Les cinq croisiéristes français rapatriés ont été placés à l’isolement dans des chambres médicalisées équipées de systèmes de circulation d’air destinés à empêcher toute propagation du virus. Les autorités précisent qu’ils resteront hospitalisés pendant au moins quinze jours, voire davantage si nécessaire.

En parallèle, les services sanitaires français ont identifié une vingtaine de cas contacts potentiels. Huit personnes ayant voyagé sur un vol entre Sainte-Hélène et Johannesbourg ont déjà été isolées. Quatorze autres passagers ayant embarqué sur un vol Johannesbourg-Amsterdam sont activement recherchés afin de renforcer les mesures de surveillance sanitaire.

Prudence, mais pas de panique

Malgré la vigilance accrue, les autorités sanitaires internationales appellent à éviter toute psychose. L’OMS rappelle que les hantavirus ne se transmettent pas facilement entre humains et que le risque d’une épidémie mondiale demeure très faible à ce stade.

Les gouvernements européens assurent néanmoins disposer des capacités médicales et logistiques nécessaires pour faire face à d’éventuels nouveaux cas. Cette nouvelle alerte sanitaire rappelle toutefois combien les maladies émergentes continuent de représenter un défi majeur pour les systèmes de santé à travers le monde.

RCMM

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde