Corée du Sud : la détention de Lee Man-hee, 95 ans, ravive le débat sur l’État de droit et la liberté de religion

La détention de Lee Man-hee, président de l’Église Shincheonji, continue de susciter de vives réactions bien au-delà des frontières de la Corée du Sud. Âgé de 95 ans, le dirigeant religieux est privé de liberté depuis le 24 juin 2026 dans l’attente de son procès, une situation qui alimente un débat international sur le respect des droits fondamentaux, de la présomption d’innocence et des garanties accordées aux minorités religieuses.

Le responsable religieux est poursuivi dans le cadre d’une enquête portant sur de présumées infractions à la législation sud-coréenne relative aux partis politiques. Les faits qui lui sont reprochés ne concernent toutefois aucune infraction violente. De son côté, l’Église Shincheonji rejette catégoriquement les accusations, affirmant que ses fidèles ont exercé leur droit de vote en toute liberté et que l’organisation a pleinement collaboré avec les autorités judiciaires tout au long de l’enquête.

Malgré cette coopération revendiquée, l’absence de condamnation définitive ainsi que son âge particulièrement avancé, Lee Man-hee demeure en détention provisoire. Une décision qui soulève de nombreuses interrogations parmi plusieurs observateurs internationaux, lesquels estiment que son statut de dirigeant religieux influent pourrait peser sur l’appréciation de son dossier.

Une détention qui interroge les principes fondamentaux


L’affaire relance le débat sur le respect des normes internationales relatives aux droits humains. Plusieurs spécialistes de la liberté de religion s’interrogent sur la conformité de cette détention avec les principes de nécessité, de proportionnalité et de respect de la dignité humaine, consacrés notamment par les Règles Mandela des Nations Unies, qui définissent les standards internationaux applicables au traitement des personnes privées de liberté.

Pour ces observateurs, le maintien en détention d’une personne âgée de 95 ans, poursuivie pour des faits présumés non violents et ayant, selon ses défenseurs, coopéré avec les enquêteurs, mérite un examen particulièrement rigoureux au regard des garanties offertes par l’État de droit.

Des inquiétudes exprimées sur la scène internationale

L’affaire attire également l’attention de plusieurs experts des nouveaux mouvements religieux. Le sociologue italien Massimo Introvigne, spécialiste reconnu de la liberté religieuse, a publiquement exprimé ses préoccupations après des déclarations attribuées au ministre sud-coréen de la Justice appelant, dès l’ouverture de la procédure, à une « sanction pénale stricte ».

Selon le chercheur, de tels propos pourraient être interprétés comme laissant entendre une issue déjà prédéterminée de la procédure judiciaire, ce qui serait de nature à fragiliser le principe d’indépendance de la justice et la présomption d’innocence. Il est allé jusqu’à qualifier cette affaire de « tache sur la crédibilité démocratique de la Corée du Sud ».

Une affaire emblématique des tensions autour des minorités religieuses

Au-delà du cas personnel de Lee Man-hee, cette procédure intervient dans un contexte de fortes controverses entourant Shincheonji. La croissance rapide de cette communauté religieuse a suscité, au fil des années, de nombreuses critiques et oppositions, tant en Corée du Sud qu’à l’étranger.

Les responsables de l’organisation dénoncent une stigmatisation persistante qui, selon eux, compromet leur droit à un traitement impartial et équitable devant les institutions judiciaires et administratives.

Pour Shincheonji, cette affaire dépasse désormais le simple cadre judiciaire. Elle constitue un test de la capacité des institutions démocratiques à garantir les droits fondamentaux de tous les citoyens, indépendamment de leurs convictions religieuses.

Un appel à la vigilance des défenseurs des droits humains

Face à cette situation, Shincheonji appelle les organisations internationales de défense des droits humains, les juristes, les universitaires ainsi que les médias à suivre avec attention le déroulement de la procédure.

L’organisation estime que le respect de la présomption d’innocence, de l’indépendance de la justice, du droit à un procès équitable et de la liberté de religion doit être garanti à toute personne poursuivie, sans discrimination ni traitement différencié fondé sur son appartenance religieuse.

Alors que le procès est attendu, cette affaire continue d’alimenter un débat plus large sur l’équilibre entre l’application de la loi, la protection des libertés fondamentales et le traitement réservé aux minorités religieuses dans les sociétés démocratiques.

La rédaction

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde