À l’approche de l’élection présidentielle prévue le 12 avril prochain, la Cour constitutionnelle du Bénin a reçu une mission préélectorale du National Democratic Institute (NDI). La délégation a été reçue en audience par le Vice-président de la haute juridiction, Nicolas Assogba, pour une séance d’échanges centrée sur le cadre juridique et institutionnel des élections générales de 2026.

Une mission d’évaluation en amont du scrutin
Conduite par le directeur régional Afrique du NDI, Christopher Fomunyoh, la mission s’inscrit dans une démarche classique d’évaluation préélectorale. Elle vise à apprécier l’environnement politique, juridique et institutionnel avant la tenue du scrutin présidentiel.
La délégation comprenait également deux anciens chefs d’État africains : Jorge Carlos Fonseca, ancien Président du Cap-Vert, et Catherine Samba-Panza, ancienne Présidente de la République centrafricaine, ainsi que plusieurs responsables issus du Congrès américain et d’organismes internationaux spécialisés dans l’observation électorale.

D’une audience protocolaire à une séance de travail approfondie
Initialement prévue comme une rencontre de courtoisie, l’audience s’est rapidement transformée en une séance de travail dense et technique. Les échanges ont porté sur l’ensemble des dispositifs juridiques encadrant les élections de 2026, notamment le rôle de la Cour constitutionnelle dans : le contrôle de la régularité du scrutin ; l’examen des recours électoraux ; la proclamation des résultats définitifs ; la garantie du respect des principes constitutionnels.
Le Vice-président Nicolas Assogba a rappelé les prérogatives constitutionnelles de l’institution, véritable pilier de l’architecture électorale béninoise. Il a mis en lumière les mécanismes de prévention et de règlement des contentieux électoraux, soulignant l’engagement de la Cour à préserver la transparence, l’équité et la crédibilité du processus.
« Très satisfaits » des échanges
À l’issue de la rencontre, le chef de la délégation du NDI s’est dit « très satisfait » des discussions engagées avec le Vice-président et les cadres de la haute juridiction. « Nous sommes à Cotonou dans le cadre d’une mission d’évaluation préélectorale conduite par deux anciens chefs d’État. Il est de coutume que des organisations spécialisées dans l’observation électorale envoient une mission de prospection avant le scrutin. Compte tenu du rôle critique de la Cour constitutionnelle, nous avons jugé nécessaire de venir à la source pour nous informer sur les dispositions prévues afin que le scrutin se déroule de la manière la plus crédible possible », a déclaré Dr Christopher Fomunyoh.

Il a salué la disponibilité et l’ouverture de l’institution, rappelant que la Cour constitutionnelle du Bénin bénéficie d’une réputation solide, tant en Afrique qu’au plan international, en matière de régulation du contentieux électoral et de consolidation démocratique.
Un signal fort à l’international
Cette audience intervient dans un contexte où la communauté internationale suit avec attention les échéances électorales en Afrique de l’Ouest. La visite de personnalités d’envergure continentale et internationale traduit l’intérêt porté au processus électoral béninois.
Pour la Cour constitutionnelle, cette rencontre constitue également une opportunité de réaffirmer son indépendance et son rôle central dans la préservation de l’État de droit. À moins de deux mois du scrutin présidentiel, l’institution entend ainsi rassurer les acteurs politiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que l’opinion publique nationale et internationale sur la solidité du cadre juridique en place.
En recevant cette mission préélectorale du NDI, Nicolas Assogba et la haute juridiction béninoise envoient un message clair : la crédibilité du scrutin du 12 avril 2026 repose sur le respect scrupuleux des textes, la transparence des procédures et la confiance dans les institutions républicaines.
CMM