Après l’exil, une nouvelle vie : deux ex-internationales iraniennes deviennent citoyennes australiennes

De la contestation au renouveau, Fatemeh Pasandideh et Atefeh Ramezanisadeh tournent définitivement la page de leur passé en Iran. Après des mois d’incertitudes, les deux anciennes internationales iraniennes ont officiellement obtenu la nationalité australienne, symbole d’une nouvelle existence construite loin des pressions politiques qui les avaient poussées à quitter leur pays.

Le destin de Fatemeh Pasandideh et d’Atefeh Ramezanisadeh a basculé lors de la Coupe d’Asie féminine disputée en Australie en mars dernier. Avant une rencontre de la compétition, les deux joueuses avaient choisi de ne pas chanter l’hymne national iranien, un geste de protestation qui a rapidement fait le tour du monde et suscité une vive controverse.

Cette décision, hautement symbolique, leur a valu de sévères critiques dans leur pays d’origine, où elles ont été accusées de trahison par une partie de l’opinion publique et des autorités. À l’inverse, leur acte de courage a été salué à l’international, notamment par l’ancien président américain Donald Trump, qui avait publiquement exprimé son soutien.

À la suite de cet épisode, Fatemeh Pasandideh et Atefeh Ramezanisadeh faisaient partie d’un groupe de sept membres de la délégation iranienne ayant demandé la protection des autorités australiennes. Si cinq d’entre eux ont finalement choisi de rentrer en Iran après avoir retiré leur demande, les deux footballeuses ont, quant à elles, décidé de rester en Australie afin d’y reconstruire leur vie.

Après plusieurs mois de démarches administratives et d’adaptation, leur parcours a connu un tournant majeur mercredi avec leur naturalisation officielle. Lors d’une cérémonie présidée par le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, elles ont prêté serment et sont devenues citoyennes australiennes.

Très émue, Atefeh Ramezanisadeh n’a pas caché sa joie au terme de cette longue attente. « Hier a été une journée vraiment spéciale et inoubliable pour moi. Je suis fière et profondément reconnaissante de devenir citoyenne australienne », a-t-elle déclaré. Sa compatriote Fatemeh Pasandideh a, elle aussi, souligné la portée exceptionnelle de cet événement. « Après tout ce que nous avons vécu et tous les défis auxquels nous avons été confrontées, ce moment signifie plus que les mots ne peuvent l’exprimer », a-t-elle confié.

Leur intégration dans leur nouveau pays s’est également construite grâce au football. Une semaine seulement après leur demande de protection, les deux joueuses avaient rejoint les séances d’entraînement du club australien de Brisbane Roar, qui les a accompagnées dans cette période particulièrement délicate.

À l’annonce de leur naturalisation, le club a salué cette nouvelle étape avec une vive émotion. Dans un message empreint de compassion, un porte-parole a rappelé l’ampleur des épreuves traversées par les deux anciennes internationales. « Ce qu’elles ont traversé depuis février dépasse ce que la plupart des gens affrontent au cours d’une vie entière. »

Au-delà de leur réussite personnelle, le parcours de Fatemeh Pasandideh et d’Atefeh Ramezanisadeh illustre les sacrifices auxquels certains sportifs sont confrontés lorsqu’ils choisissent de défendre leurs convictions. Leur accession à la nationalité australienne marque non seulement la fin d’un long combat administratif, mais aussi le début d’un nouveau chapitre placé sous le signe de la liberté, de la sécurité et de l’espoir.

La rédaction

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