CAN 2027 : LA CAF fait machine arrière et rétablit le format biennal de la compétition

La Coupe d’Afrique des nations (CAN) retrouvera finalement son rythme traditionnel de deux éditions tous les deux ans. Après avoir annoncé, en décembre 2025, une réforme majeure prévoyant le passage de la compétition à une périodicité de quatre ans à partir de 2028, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de revenir sur cette orientation. Réuni ce jeudi 30 octobre 2026, le Comité exécutif de l’instance continentale a acté, à l’unanimité, le rétablissement de l’organisation biennale de la CAN. Une décision qui rebat les cartes du calendrier du football africain et relance le débat sur l’avenir économique et sportif de la principale compétition du continent.

C’est à travers un long communiqué que la CAF a officialisé ce revirement stratégique. Cette décision intervient quelques semaines après la conférence stratégique de l’instance organisée au Cap-Vert, au début du mois d’octobre. À cette occasion, le président de la CAF, Patrice Motsepe, avait annoncé que le Comité exécutif serait appelé à réexaminer la réforme du calendrier adoptée l’année précédente. Une réévaluation qui traduit les interrogations persistantes autour des conséquences d’un passage à une CAN organisée tous les quatre ans.

La Ligue des nations africaine au cœur des interrogations


Pour justifier ce changement de cap, la CAF évoque notamment les incertitudes liées à la mise en place de sa nouvelle compétition panafricaine, la Ligue des nations. Initialement envisagée comme une compétition appelée à prendre progressivement le relais de la CAN dans le calendrier biennal, cette nouvelle formule nécessiterait plusieurs années avant de produire des retombées financières suffisamment importantes.

Selon l’instance dirigeante du football africain, ces ressources sont indispensables pour garantir la compétitivité internationale des compétitions continentales et renforcer l’autonomie financière du football africain. Le projet de Ligue des nations ne serait donc pas en mesure, dans l’immédiat, de compenser les revenus générés par l’organisation régulière de la Coupe d’Afrique des nations.

Dans son communiqué, Patrice Motsepe souligne que le rétablissement du rythme biennal vise à préserver et à promouvoir les intérêts du football africain, des 54 associations membres de la CAF ainsi que des joueurs africains évoluant dans les championnats étrangers.

Un calendrier profondément remanié

Cette décision marque un nouveau tournant dans l’organisation de la CAN. En décembre 2025, la CAF avait officiellement annoncé que la compétition passerait à une périodicité quadriennale après l’édition 2027. Cette réforme répondait notamment à la volonté d’harmoniser le calendrier africain avec celui du football international, tout en réduisant les contraintes imposées aux joueurs et aux clubs.

Mais cette orientation avait suscité de nombreuses contestations au sein de l’environnement footballistique africain. Moins d’un an après son adoption, l’instance continentale revient donc sur sa position et confirme le maintien d’une CAN organisée tous les deux ans.

Le calendrier annoncé prévoit désormais les prochaines éditions en 2027, 2028, 2031 et 2033. Cette programmation particulière laisse apparaître une édition supplémentaire en 2028, avant le retour à un espacement de deux ans entre les rendez-vous suivants.

L’enjeu financier derrière le revirement ?

Au-delà des considérations sportives, la question économique pourrait également avoir pesé dans cette décision. En août dernier, le quotidien britannique The Guardian avait avancé que le passage d’une organisation biennale à une périodicité quadriennale aurait pu faire perdre à la CAF près d’un milliard de dollars de recettes potentielles.

Un manque à gagner considérable pour une institution dont les ressources dépendent notamment des droits télévisuels, des partenariats commerciaux, du sponsoring et de la commercialisation des compétitions.

Le maintien de la CAN tous les deux ans permettrait ainsi de préserver une source régulière de revenus et de continuer à soutenir financièrement les associations nationales ainsi que les différentes activités de développement du football africain.

Reste désormais à savoir comment la CAF entend concilier cette décision avec les exigences du calendrier international, les intérêts des clubs employeurs et les impératifs de préparation des sélections nationales.

Une chose est certaine : après plusieurs mois d’incertitudes, la Coupe d’Afrique des nations conserve son rendez-vous biennal. Pour les supporters, les fédérations et les acteurs du football continental, la CAN demeure ainsi un événement majeur de la vie sportive africaine.

La rédaction

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde