À Ganhi, quartier administratif stratégique de Cotonou, l’après-midi du lundi 13 avril 2026 s’est ouvert sur une séquence décisive du processus électoral. Sous un soleil ardent, précisément à 13h24, un camion chargé de symboles et d’enjeux s’est présenté devant les grilles de la Cour constitutionnelle du Bénin. À son bord : les premières cantines électorales en provenance de la Commission électorale nationale autonome, soigneusement scellées, marquant le début concret de la phase de dépouillement post-scrutin.
Une arrivée hautement symbolique et sous haute surveillance
Quelques minutes après l’entrée du véhicule, le président de la haute juridiction, Cossi Dorothé Sossa, accompagné du vice-président Nicolas Assogba et de plusieurs collaborateurs, s’est personnellement déplacé pour constater l’arrivée des précieuses cantines. Un geste empreint de solennité qui traduit le basculement du processus électoral vers sa phase juridictionnelle, garante de la transparence et de la régularité.

Dans une atmosphère mêlant rigueur administrative et tension contenue, les premières opérations logistiques ont été enclenchées sous le regard attentif des agents et observateurs présents.
Une logistique électorale d’envergure nationale
Selon les précisions apportées par Hervé Zinzindohoue, chef du service de planification des élections à la CENA, ce sont 212 cantines électorales qui ont été acheminées lors de cette première vague. Un chiffre qui, loin d’être anodin, reflète la complexité du maillage territorial électoral.

En réalité, ces cantines ne correspondent pas strictement au nombre d’arrondissements. Certaines circonscriptions, en raison de leur densité ou de leur étendue géographique, nécessitent plusieurs contenants. À titre illustratif, le 12ᵉ arrondissement de Cotonou mobilise jusqu’à quatre cantines, tout comme des zones majeures telles que Godomey, Parakou ou Abomey-Calavi.

Au total, ce sont 511 arrondissements et zones électorales qui sont concernés à l’échelle nationale. Le déploiement progressif des cantines, organisé en plusieurs vagues, répond à des exigences strictes de traçabilité et de sécurisation des données électorales.
Le dépouillement lancé sous l’œil de la Cour
À peine les premières cantines réceptionnées, le président Cossi Dorothé Sossa s’est dirigé vers le chapiteau spécialement aménagé pour le dépouillement. Sur place, il a assisté à une étape clé : la rupture des scellés, suivie de l’enregistrement méthodique des enveloppes contenant les feuilles de dépouillement.
Face à la presse, le président de la Cour s’est voulu rassurant. Il a salué la célérité dans l’acheminement des premières cantines et confirmé que les équipes techniques sont d’ores et déjà à pied d’œuvre pour entamer les vérifications.
Cependant, il a tenu à rappeler un principe fondamental : la Cour constitutionnelle ne proclamera les résultats définitifs qu’après réception des résultats provisoires de la CENA. Une fois ces données transmises, elles feront l’objet d’un croisement rigoureux avec celles issues du dépouillement interne.
Fiabilité, transparence et célérité : les maîtres-mots
La dernière étape de cette visite s’est déroulée dans la salle informatique dédiée à la centralisation et au traitement des résultats. Christian Agonvinon, Directeur de la digitalisation et des systèmes d’information, y a présenté le dispositif technologique mis en place pour garantir un calcul fiable et sécurisé des résultats.
Dans un contexte où la crédibilité des institutions est scrutée de près, la Cour constitutionnelle entend jouer pleinement son rôle d’arbitre impartial. Entre exigences de transparence, impératif de précision et attente populaire, l’institution s’avance sur une ligne de crête. Le compte à rebours est désormais lancé : le verdict des urnes se construit, pièce après pièce, sous le sceau de la rigueur républicaine.
RCMM