La capitale économique béninoise a, ce lundi 16 février 2026, pris des allures de carrefour judiciaire international à l’occasion de l’ouverture solennelle des 21èmes assises statutaires de l’Association africaine des hautes juridictions francophones (AA-HJF). Magistrats, présidents d’institutions, experts du droit et délégations venues de plusieurs pays francophones d’Afrique se sont réunis à Cotonou pour réfléchir aux défis contemporains de la justice constitutionnelle et suprême sur le continent.
Représentant le Président de la Cour constitutionnelle du Bénin, Dorothée Sossa empêché, le Vice-président, M. Nicolas Assogba, a honoré de sa présence la cérémonie d’ouverture. Sa participation traduit l’engagement ferme de la haute juridiction béninoise à contribuer activement aux réflexions sur la consolidation de l’État de droit, particulièrement dans des contextes marqués par des tensions sécuritaires et des crises multiformes. À travers sa présence, c’est toute l’institution constitutionnelle béninoise qui réaffirme son attachement à la défense des libertés publiques et des principes démocratiques.

La rencontre a été officiellement lancée par la Vice-présidente de la République, Mme Mariam Talata Zimé Yerima, aux côtés de plusieurs présidents d’institutions de la République. Dans son intervention, elle a salué le rôle stratégique des hautes juridictions dans la stabilisation des États et la préservation des droits fondamentaux face aux menaces sécuritaires croissantes. Elle a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre juridictions francophones afin d’harmoniser les pratiques et de mutualiser les expériences.
La communication inaugurale a été assurée par la Professeure Dandi GNAMOU, conseillère à la Cour constitutionnelle du Bénin et Présidente de la Haute Cour de justice, à ses côtés, Nicolas Assogba en qualité de modérateur. Elle a mis en lumière les enjeux majeurs du thème retenu cette année : « Protection juridictionnelle des droits fondamentaux en contexte de crises sécuritaires ». Son exposé a souligné la délicate mission des juges consistant à concilier impératifs de sécurité et sauvegarde des libertés individuelles, dans un environnement où les États sont parfois tentés de restreindre certains droits au nom de la stabilité.

Durant trois jours, les travaux permettront aux participants d’échanger sur les mécanismes de contrôle juridictionnel en période d’exception, le rôle des cours constitutionnelles dans la prévention des dérives autoritaires, ainsi que la coopération interjuridictionnelle en matière de jurisprudence. Ces assises s’annoncent comme un moment fort de partage d’expériences et de consolidation des standards juridiques communs au sein de l’espace francophone africain.
À travers l’organisation de cet événement d’envergure continentale, le Bénin confirme son positionnement comme terre d’accueil du dialogue institutionnel et acteur engagé dans la promotion d’une justice indépendante, garante des droits et libertés fondamentaux, même – et surtout – en temps de crise.
Boris MAHOUTO