À deux mois de l’élection présidentielle prévue le 12 avril 2026, la Cour constitutionnelle du Bénin engage une étape déterminante dans le dispositif de supervision du scrutin. Par un avis officiel en date du 06 février 2026, signé par son Secrétaire général, Dr Gani Romuald Irotori, la haute juridiction annonce le recrutement de délégués électoraux chargés d’observer les différentes phases du processus électoral sur toute l’étendue du territoire national.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des attributions constitutionnelles de la Cour, notamment en matière de gestion du contentieux électoral et de garantie de la régularité du scrutin présidentiel. En mobilisant des citoyens qualifiés et enracinés dans leurs localités respectives, l’institution entend renforcer son dispositif de veille, de contrôle et de remontée d’informations durant cette échéance majeure de la vie démocratique nationale.
Un maillage territorial stratégique
Les délégués recrutés seront déployés à plusieurs niveaux de l’administration territoriale : départemental, communal, d’arrondissement et de centre de vote. Leur mission consistera à observer le déroulement des opérations électorales, depuis les préparatifs jusqu’à la centralisation des résultats, en passant par l’ouverture des bureaux de vote, le vote proprement dit et le dépouillement.
Avant leur déploiement, les candidats retenus bénéficieront d’une formation spécifique de quelques jours, afin de s’approprier les textes en vigueur, les procédures électorales ainsi que les outils de rapportage mis à leur disposition.
Des critères de sélection rigoureux
L’avis de recrutement précise que tout candidat doit remplir un ensemble de critères communs. Il faut notamment : être de nationalité béninoise ; être électeur ; jouir d’une bonne moralité ; avoir une bonne connaissance du département, de la commune, de l’arrondissement, du village ou du quartier de ville dans lequel il postule ; être disponible et physiquement apte à accomplir la mission. À ces critères généraux s’ajoutent des exigences académiques spécifiques selon le poste visé : délégué départemental : Bac +4 ou diplôme équivalent ; délégué communal : Bac +3 ou diplôme équivalent ; délégué d’arrondissement : Baccalauréat ou diplôme équivalent ; délégué de centre de vote : BEPC ou diplôme équivalent. Ce calibrage des profils traduit la volonté de la Cour constitutionnelle d’assurer un encadrement hiérarchisé et compétent à chaque niveau du processus électoral.
Une procédure entièrement dématérialisée
Les candidatures doivent être déposées exclusivement en ligne, via la plateforme dédiée : erecrutement.courconstitutionnelle.bj, du 07 février au 07 mars 2026 à minuit au plus tard. Chaque dossier devra comporter, en format PDF : une photocopie lisible et claire d’une pièce d’identité ; une photocopie légalisée du diplôme requis ou de toute pièce justificative équivalente. La Cour insiste sur le respect strict des exigences techniques et administratives prévues sur la plateforme, condition indispensable à la validation des candidatures.
Un enjeu démocratique majeur
À travers ce recrutement, la Cour constitutionnelle réaffirme son rôle central dans l’architecture électorale béninoise. Chargée de proclamer les résultats définitifs et de trancher les éventuels recours, elle doit pouvoir s’appuyer sur des relais fiables et compétents sur le terrain.
Dans un contexte où la transparence et la crédibilité des processus électoraux constituent des exigences fortes de l’opinion publique, le choix d’associer des citoyens formés à l’observation des opérations électorales participe d’une dynamique de consolidation démocratique.

La présidentielle du 12 avril 2026 s’annonce ainsi comme un test grandeur nature pour les institutions impliquées. Avec ce dispositif de délégués électoraux, la Cour constitutionnelle entend se donner les moyens d’assurer pleinement sa mission de gardienne de la régularité du scrutin et de garante de l’expression souveraine du peuple béninois.

CMM