Le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Ses effets sont déjà perceptibles à travers le monde, impactant de manière disproportionnée les enfants, considérés comme les plus vulnérables face aux bouleversements environnementaux. Entre catastrophes naturelles, insécurité alimentaire, maladies et déplacements forcés, les jeunes générations subissent de plein fouet les conséquences d’un problème dont elles ne sont pas responsables.

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, notamment en raison de leur sensibilité physiologique aux événements climatiques extrêmes. Selon l’UNICEF, plus d’un milliard d’enfants vivent dans des zones à risque climatique extrêmement élevé, les exposant à des sécheresses, ouragans, inondations et incendies.
Prolifération des maladies infectieuses

La hausse des températures favorise la propagation de maladies infectieuses telles que le paludisme et la dengue. Les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement à risque, ces maladies pouvant entraîner des complications graves, voire mortelles, en raison de leur système immunitaire encore en développement. Par ailleurs, chaque année, 1,7 million d’enfants de moins de 5 ans meurent à cause de dommages environnementaux exacerbés par le réchauffement climatique.
Vagues de chaleur et déshydratation

Les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes et intenses, exposant environ 559 millions d’enfants dans le monde, soit 24% de tous les enfants de la planète. Les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables aux températures extrêmes en raison de l’immaturité de leurs mécanismes de régulation thermique, augmentant ainsi les risques de déshydratation et de coups de chaleur.
Insécurité alimentaire et malnutrition en Afrique sub-saharienne
Le changement climatique perturbe les saisons agricoles, affectant la production de denrées essentielles et exacerbant l’insécurité alimentaire. En Afrique subsaharienne, environ 282 millions de personnes, soit environ 20% de la population, souffrent de sous-alimentation, une augmentation de 57 millions depuis le début de la pandémie de COVID-19. Cette insécurité alimentaire a des conséquences directes sur la santé des enfants, avec environ 30% souffrant de retard de croissance dû à la malnutrition.

De plus, en Afrique de l’Ouest et Centrale, plus de deux ménages sur trois n’ont pas les moyens de s’offrir une alimentation saine, et 8 enfants sur 10 âgés de 6 à 23 mois ne consomment pas le nombre minimum de groupes d’aliments nécessaires à une croissance et un développement optimaux. Le dérèglement des saisons agricoles perturbe la production de denrées essentielles, entraînant une malnutrition accrue dans de nombreuses régions du monde, notamment l’Afrique subsaharienne qui subit de plein fouet les conséquences du changement climatique. Les enfants, en particulier ceux vivant dans des régions vulnérables sont exposés, sans défense.
Des impacts sociaux et éducatifs préoccupants
Au-delà des conséquences sanitaires, le changement climatique affecte profondément l’éducation des enfants et les structures sociales. Lors de catastrophes naturelles – ouragans, inondations, sécheresses – de nombreuses écoles sont détruites ou temporairement réquisitionnées comme centres d’hébergement pour les populations sinistrées. Cela perturbe gravement la scolarité des élèves, parfois pendant plusieurs mois, voire des années.

Dans certaines régions d’Afrique et d’Asie du Sud, les sécheresses récurrentes et la désertification forcent les familles rurales à migrer vers des zones urbaines ou d’autres pays, rendant l’accès à l’éducation plus difficile. Selon l’UNICEF, environ 37 millions d’enfants sont déplacés chaque année à cause de catastrophes climatiques, ce qui compromet leur droit à l’éducation. En Afrique subsaharienne, les inondations et la hausse des températures entraînent la fermeture temporaire de milliers d’établissements scolaires chaque année. Ces situations déclarées de « cas d’urgence » affectent sérieusement le parcours académique des enfants, qu’ils soient directement ou non victimes de ces catastrophes naturelles.
L’UNICEF estime que d’ici 2050, près de 216 millions de personnes risquent d’être contraintes à la migration en raison du climat, dont une proportion importante d’enfants. Ces déplacements forcés augmentent les risques de travail infantile, d’exploitation et de violences. En Asie du Sud, les inondations ont entraîné une augmentation de 30 % des mariages précoces dans certaines régions, les familles cherchant à réduire leur charge financière en mariant leurs filles plus tôt.

L’accès à l’éducation devient aussi plus compliqué dans les zones touchées par la hausse des températures. Des études montrent que lorsque les températures dépassent 35°C, les performances scolaires des élèves diminuent significativement, affectant leur concentration et leurs résultats aux examens. Dans certains pays tropicaux, le nombre de jours d’école perdus en raison de vagues de chaleur a augmenté de 20 à 40 % en une décennie.
Face à ces défis, plusieurs initiatives émergent pour renforcer la résilience des systèmes éducatifs face au changement climatique : construction d’écoles résistantes aux catastrophes, mise en place de plateformes d’apprentissage en ligne pour les élèves déplacés, et intégration de l’éducation environnementale dans les programmes scolaires. Cependant, sans une action globale et urgente, des millions d’enfants risquent d’être exclus du système éducatif à cause des bouleversements climatiques.

Une jeunesse engagée pour le climat
Face à cette situation alarmante, la jeunesse mondiale se mobilise activement contre le changement climatique à travers des initiatives variées. En Afrique, en Asie ou en Amérique latine, de jeunes militants mettent en place des projets de reforestation, de recyclage et de sensibilisation. Leur engagement rappelle que la lutte contre le changement climatique est aussi une question de justice intergénérationnelle.
Des figures comme Greta Thunberg ont montré que les enfants et adolescents peuvent jouer un rôle clé dans la lutte pour l’environnement. Partout dans le monde, des jeunes s’organisent pour sensibiliser, interpeller les décideurs et exiger des actions concrètes. Des mouvements comme Fridays for Future ou Extinction Rebellion Youth organisent des manifestations et des actions de désobéissance civile pour exiger des mesures concrètes.

Parallèlement, de jeunes innovateurs développent des solutions écologiques en matière de recyclage, d’énergies renouvelables et d’agriculture durable. L’éducation et la sensibilisation jouent également un rôle clé, avec la création d’éco-clubs, de plateformes pédagogiques et l’utilisation des réseaux sociaux pour diffuser des messages environnementaux.
Sur le terrain, des campagnes de reboisement, des projets de conservation et des initiatives de mobilité verte émergent un peu partout. Enfin, les jeunes s’engagent sur la scène politique, participant aux conférences internationales et faisant pression sur les gouvernements pour une action climatique renforcée. Leur mobilisation témoigne d’une prise de conscience grandissante et d’un engagement fort pour préserver l’avenir de la planète.
Agir pour protéger les enfants
Les gouvernements, les organisations internationales et la société civile doivent prendre des mesures urgentes pour protéger les enfants des effets du changement climatique. Investir dans des infrastructures résilientes, améliorer l’accès à l’eau potable et à l’éducation, renforcer les systèmes de santé et favoriser l’adaptation des communautés sont autant de pistes à privilégier.

Si rien n’est fait, la crise climatique creusera encore davantage les inégalités et sacrifiera l’avenir de millions d’enfants. Mais avec une volonté politique forte et une mobilisation citoyenne accrue, il est encore possible de bâtir un monde plus sûr pour les générations futures. Il est essentiel de mettre en place des mesures d’adaptation et d’atténuation pour protéger leur santé et assurer leur bien-être futur.
Koffi Didi HOUNNOU