Réunis ce mercredi 4 novembre 2026 à l’hôtel Golden Tulip de Cotonou, les représentants de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), des ministères sectoriels et des institutions nationales ont lancé la phase technique de la 12e édition de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires au Bénin. Pendant trois jours, les experts procéderont à une évaluation approfondie de l’application des textes communautaires, du niveau d’exécution des programmes et projets ainsi que des difficultés rencontrées. Au total, 149 textes communautaires sont concernés par cet exercice stratégique pour la consolidation de l’intégration régionale.
Le processus d’intégration régionale au sein de l’espace UEMOA repose sur un impératif : faire en sorte que les décisions communautaires se traduisent effectivement dans les législations nationales et dans la vie quotidienne des populations. C’est dans cette perspective que se tient, depuis plus d’une décennie, la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires dans les États membres.
À Cotonou, la 12e édition de cet exercice a officiellement démarré ce mercredi 4 novembre 2026, à l’occasion d’une cérémonie d’ouverture marquée par la présence des représentants de la Commission de l’UEMOA, des responsables de l’administration publique béninoise, des députés membres du Parlement communautaire, des points focaux des ministères sectoriels, des structures nationales de coordination et des agences de maîtrise d’ouvrage déléguée.

Cette rencontre intervient après la 11e édition organisée du 5 au 7 novembre 2025. Elle offre une nouvelle occasion de mesurer les progrès accomplis par le Bénin dans la mise en œuvre de ses engagements communautaires, d’identifier les insuffisances persistantes et de proposer des mesures correctives pour améliorer l’application des politiques communes.
Yawovi Batchassi appelle à une évaluation rigoureuse des engagements communautaires
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le représentant résident de la Commission de l’UEMOA au Bénin, Yawovi Batchassi, a souhaité la bienvenue aux différentes délégations et exprimé sa satisfaction de retrouver les acteurs nationaux autour de ce rendez-vous désormais inscrit dans l’agenda institutionnel de l’Union.
Au nom du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, il a exprimé sa reconnaissance aux autorités béninoises pour leur engagement constant en faveur du processus d’intégration régionale. Il a particulièrement salué le soutien du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Coopération, Aristide Médénou, ainsi que la mobilisation des services techniques et des administrations sectorielles qui contribuent à la préparation et à la conduite de cette revue.
Pour Yawovi Batchassi, cette rencontre ne constitue pas une simple formalité administrative. Elle représente un instrument essentiel de suivi et d’évaluation permettant, d’une part, d’examiner le niveau d’application des textes communautaires au Bénin et, d’autre part, de mesurer les résultats obtenus ainsi que les difficultés rencontrées dans l’exécution des réformes, programmes et projets de l’Union.
Il a rappelé que l’institutionnalisation de la revue annuelle a contribué à renforcer l’harmonisation des législations nationales, à améliorer la coordination entre les États membres et à dynamiser les dispositifs nationaux de suivi des engagements communautaires. Les différentes éditions ont ainsi permis de passer progressivement de l’adoption des textes à une exigence plus forte de leur transposition et de leur application effective.
Le représentant résident a également insisté sur l’importance du suivi des recommandations formulées lors des précédentes éditions. Selon lui, les acquis enregistrés ne doivent pas occulter les insuffisances qui subsistent. Chaque acteur institutionnel est donc appelé à jouer pleinement son rôle afin que les engagements pris se traduisent en résultats concrets.

Il a précisé que les travaux de cette 12e édition s’appuieront sur la grille de pondération adoptée lors de l’atelier régional préparatoire organisé à Bamako, du 22 au 26 juin 2026, ainsi que sur les conclusions de l’atelier national d’auto-évaluation organisé par le ministère béninois de l’Économie et des Finances en août 2026.
À l’issue des travaux, les conclusions seront consignées dans un mémorandum consensuel devant être signé par les deux parties. Ce document permettra de rendre compte des performances du Bénin au titre de l’exercice 2026 et de dégager les recommandations nécessaires à l’amélioration du dispositif national de mise en œuvre des politiques communautaires.
Alastaire Alinsato : le Bénin réaffirme son engagement en faveur de l’intégration régionale
Procédant à l’ouverture officielle de la phase technique, le directeur de cabinet du ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Coopération, Alastaire Alinsato, représentant le ministre Aristide Médénou, a réaffirmé l’attachement du gouvernement béninois aux idéaux et aux objectifs de l’intégration régionale.
Au nom du gouvernement et du peuple béninois, il a souhaité la bienvenue aux représentants de la Commission de l’UEMOA et aux différentes délégations présentes à Cotonou. Il a également transmis les remerciements des autorités béninoises au président de la Commission, Abdoulaye Diop, pour la qualité du partenariat et le dialogue permanent entretenu avec le Bénin.
Dans son intervention, le représentant du ministre a souligné la portée stratégique de la revue annuelle dans la dynamique de construction d’un espace économique intégré, solidaire et prospère. Il a notamment établi un lien entre cet exercice et les ambitions de développement inscrites dans la vision Bénin 2060, « Alafia, un monde de splendeurs ».
Pour lui, la revue annuelle offre un cadre privilégié permettant d’apprécier objectivement le chemin parcouru dans la transposition des directives communautaires, l’application des règlements et la mise en œuvre des décisions prises au niveau de l’Union.
L’édition 2026 revêt, à cet égard, une importance particulière. Elle permettra notamment d’examiner 149 textes communautaires, mais également de faire le point sur l’état d’avancement des programmes et projets communautaires en cours d’exécution au Bénin. Les interventions concernent notamment des domaines aussi stratégiques que la culture, l’élevage, l’énergie et les infrastructures de transport.
Alastaire Alinsato a invité les participants à faire preuve de rigueur, de responsabilité et de transparence dans leurs analyses. Il a insisté sur la nécessité de produire une évaluation fidèle à la réalité des efforts accomplis par les différentes administrations et structures nationales.
L’objectif, a-t-il fait comprendre, est de parvenir à des recommandations pertinentes, susceptibles de renforcer les performances du Bénin et d’accélérer la concrétisation des engagements communautaires au bénéfice des populations.
Il a enfin renouvelé la disponibilité du gouvernement béninois à accompagner les initiatives de la Commission de l’UEMOA et à poursuivre les efforts nécessaires à la consolidation de l’intégration économique régionale.
149 textes communautaires au cœur de l’évaluation
Au-delà des discours officiels, les explications techniques apportées par les responsables présents permettent de mieux comprendre la portée de cette revue.
Intervenant en marge de la cérémonie, Faustin Guidi, directeur de l’Intégration économique et régionale au ministère de l’Économie et des Finances, a expliqué que cet exercice constitue un mécanisme essentiel pour accompagner les États membres dans la mise en œuvre des réformes communautaires.
Il s’agit notamment de vérifier dans quelle mesure les directives, règlements et décisions adoptés au niveau de l’UEMOA sont effectivement transposés dans les dispositifs nationaux et appliqués par les administrations compétentes.
Selon lui, cette démarche est importante aussi bien pour le Bénin que pour l’ensemble des pays membres, puisqu’elle permet de rendre opérationnelles les décisions communautaires et de leur donner une traduction concrète dans les conditions de vie des populations.
Abordant les performances du Bénin, Faustin Guidi a indiqué que les premières appréciations des services nationaux laissent entrevoir des résultats encourageants. Il a évoqué une performance prévisionnelle supérieure à 80 %, tout en précisant que ce chiffre reste à confirmer par l’évaluation contradictoire conduite avec les experts de la Commission de l’UEMOA.
Il faudra donc attendre les conclusions définitives de la phase technique pour connaître le niveau réel de mise en œuvre des réformes au titre de l’année 2026.
Trois grands domaines soumis à l’examen des experts
Pour sa part, Issa Sawadogo, chef de la division des Finances publiques et de la Fiscalité, assurant également l’intérim à la direction des Finances publiques et de la Fiscalité au sein de la Commission de l’UEMOA, a apporté des précisions sur le contenu et la méthodologie des travaux.
Le successeur de Habasso Traoré à la tête de l’équipe technique de la Commission pour les différents exercices de revue a indiqué que les 149 textes communautaires feront l’objet d’un examen approfondi afin d’apprécier leur niveau de transposition et leur application effective au Bénin.
Les évaluations seront structurées autour de trois grands domaines :
La gouvernance économique et la convergence, qui englobent notamment les finances publiques, la fiscalité et la surveillance multilatérale des politiques économiques ;
Le marché commun, qui concerne particulièrement l’union douanière, les échanges et les mécanismes destinés à faciliter la circulation des personnes et des biens ;
Les réformes sectorielles, qui couvrent plusieurs domaines de développement, notamment l’agriculture, la santé, l’éducation et les autres politiques sectorielles communautaires.
Issa Sawadogo a également relevé les progrès enregistrés depuis l’institutionnalisation de cette revue annuelle. Selon lui, les différents exercices ont permis d’améliorer sensiblement le suivi des réformes et d’obtenir des avancées significatives dans leur mise en œuvre. Auparavant, certaines décisions communautaires étaient adoptées sans bénéficier d’un dispositif de suivi suffisamment structuré. La revue annuelle a progressivement contribué à corriger cette situation en responsabilisant davantage les administrations nationales.
Il a précisé qu’au terme des trois jours de travaux, un mémorandum consensuel sera élaboré et signé par les parties. Ce document présentera les résultats de l’évaluation et permettra de disposer d’une situation précise du niveau d’application des réformes communautaires au Bénin.
Trois jours d’intenses activités
La première journée de la phase technique de la 12ᵉ édition de la revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA au Bénin a été consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre des réformes communautaires ainsi que des programmes et projets communautaires au titre de l’année 2026. Les participants ont également examiné l’état d’exécution des recommandations formulées lors de la revue de 2025, tout en prenant en compte de nouvelles recommandations destinées à améliorer l’application des engagements communautaires. Ces échanges techniques, conduits en plénière, visent à apprécier les progrès réalisés, à relever les difficultés éventuelles et à identifier les mesures correctives nécessaires pour renforcer l’efficacité des interventions de l’Union au Bénin.
La suite de l’atelier sera consacrée à la poursuite des travaux d’évaluation et à l’examen approfondi des différents points inscrits à l’ordre du jour. Les échanges permettront notamment de finaliser l’appréciation de la mise en œuvre des réformes et projets communautaires, avant l’examen et l’adoption du projet de mémorandum de la revue annuelle, édition 2026. Ce document, qui fera l’objet d’une signature à l’issue des travaux, consignera les principales conclusions de l’évaluation ainsi que les recommandations retenues par les différentes parties prenantes pour améliorer la mise en œuvre des politiques et programmes communautaires de l’UEMOA au Bénin.
Une dynamique à consolider au bénéfice des populations
Au-delà des indicateurs de performance et des obligations institutionnelles, la revue annuelle de l’UEMOA pose une question fondamentale : comment faire en sorte que l’intégration régionale produise des effets perceptibles dans le quotidien des citoyens ?
La libre circulation des personnes et des biens, l’harmonisation des politiques économiques, l’amélioration de la gouvernance publique, le développement des infrastructures et la coordination des politiques sectorielles constituent autant de leviers pour renforcer la prospérité collective dans l’espace communautaire.
C’est précisément sur cette exigence de résultats que les participants sont appelés à concentrer leurs réflexions. Car l’adoption des textes communautaires ne saurait suffire si leur application demeure limitée ou si les populations ne bénéficient pas concrètement des réformes engagées.
La 12e édition de la revue annuelle apparaît ainsi comme une étape importante dans le renforcement du partenariat entre le Bénin et la Commission de l’UEMOA. Elle devra permettre de consolider les acquis, de corriger les insuffisances et de définir des orientations susceptibles d’améliorer durablement les performances nationales.
À travers cette rencontre de Cotonou, le Bénin réaffirme donc sa volonté de prendre toute sa part dans la construction d’un espace communautaire plus intégré, plus compétitif et davantage tourné vers le développement des populations.
Les conclusions des travaux et la signature du mémorandum consensuel constitueront les principaux aboutissements de cette phase technique, dont les résultats serviront de référence pour apprécier les engagements du Bénin au titre de l’exercice 2026.
La rédaction