Sergent Markus et les grandes voix du Bénin au Festival Oley’Africa : « Positif Vodoun » fait vibrer Crest


Du 16 au 18 octobre 2026, la ville de Crest, dans le sud de la France, accueillera la 3ᵉ édition du Festival Oley’Africa. Placée sous le signe de « Positif Vodun », cette édition met le Bénin à l’honneur avec une importante délégation artistique, parmi laquelle le journaliste, artiste et pionnier du rap et du slam béninois Sergent Markus, qui participera à plusieurs temps forts de la manifestation.


Le Bénin s’invite au cœur de Crest. Du 16 au 18 octobre 2026, l’Espace Soubeyran accueillera la troisième édition du Festival Oley’Africa, un rendez-vous culturel qui entend faire dialoguer les cultures africaines avec les publics français et européens. Pour cette nouvelle édition, le festival place particulièrement le Bénin sous les projecteurs avec une programmation intitulée « Positif Vodun », faisant la part belle à la musique, au cinéma, au théâtre, à la danse, à la gastronomie, aux arts visuels et aux réflexions autour du patrimoine culturel immatériel.

Le programme officiel présente le Bénin comme « pays à l’honneur », avec la participation de plusieurs artistes et acteurs culturels béninois. Parmi les noms annoncés figurent notamment Gangbé Brass Band, Patrick Ruffino, Fafa Ruffino, Sergent Markus, Joël Lokossou, Sam de Bord, ainsi que plusieurs autres artistes et créateurs.

Le Vodun au cœur des échanges

Au-delà des spectacles, Oley’Africa veut ouvrir un espace de réflexion sur la culture et l’identité béninoises. Une conférence consacrée aux « Regards croisés sur la création contemporaine et le patrimoine immatériel du Bénin » réunira notamment André Jolly, ancien directeur du Centre culturel français du Bénin, Segun Ola, fondateur du Festival Oley’Africa, et Sa Majesté Atoogoun Massi Adjibodou Olawole, chef spirituel vaudou.

Les échanges porteront notamment sur la manière de faire vivre et rayonner la richesse culturelle du Bénin dans le monde contemporain. La modération de cette rencontre sera assurée par Sergent Markus, artiste, journaliste culturel et producteur audiovisuel béninois.

Le dimanche 18 octobre, une autre conférence approfondira cette dimension avec pour thème « Histoire, spiritualité et contemporanéité du Vaudou béninois », animée par Sa Majesté Atoogoun Massi Adjibodou Olawole. Elle sera suivie de la projection du documentaire La Porte de Retour, de Nicola Frith. Des consultations spirituelles sont également prévues pendant toute la durée du festival.

Gangbé Brass Band, Patrick et Fafa Ruffino : le Bénin musical en vedette

La musique occupera une place centrale dans cette édition. Le public de Crest pourra notamment retrouver le Gangbé Brass Band, présenté par les organisateurs comme un pionnier des fanfares béninoises modernes. Le groupe emblématique puisera dans la rencontre entre rythmes vodun, afrobeat et jazz pour offrir une prestation à la hauteur de sa réputation internationale.

Autre temps fort : la présence de Patrick Ruffino, chanteur, bassiste, auteur-compositeur, arrangeur et producteur béninois. Son parcours, entre le Bénin et la France, nourrit une musique située à la croisée des traditions africaines et des influences occidentales.

Le public découvrira également Sergent Markus, pionnier du rap et du slam au Bénin. Avec son projet Vodoun Gospel, l’artiste revendique une démarche artistique tournée vers ses racines Adja-Tado et dahoméennes, dans une recherche à la fois spirituelle et identitaire. Il sera accompagné sur scène par la pianiste Annie Kasbarian.

Fafa Ruffino figure également parmi les grandes voix annoncées. Entre Bénin, Nigéria, Burkina Faso et Ghana, la chanteuse puise dans un riche patrimoine musical ouest-africain. Engagée notamment en faveur des femmes et des enfants, elle fait partie depuis 2019 du collectif Les Amazones d’Afrique.

De la scène aux ateliers : transmettre autrement le patrimoine béninois

Oley’Africa ne se limite pas aux concerts. Le festival entend également favoriser la transmission et la participation du public.

Un atelier d’initiation à la danse béninoise traditionnelle, animé par le danseur-musicien Ebenezer Akloe de Gangbé Brass Band, est prévu le samedi 17 octobre. Un atelier consacré aux rythmes du Bénin, animé par Sam de Bord, permettra également aux participants de découvrir les instruments traditionnels par la pratique et de s’initier notamment au talking drum.

Le public pourra aussi participer à un atelier d’écriture slam avec Sergent Markus, avec restitution publique le dimanche 18 octobre. Une démarche qui traduit la volonté du festival de ne pas seulement montrer la culture béninoise, mais aussi de permettre au public de l’expérimenter et de s’en approprier certains aspects.

Cinéma, théâtre, gastronomie et création contemporaine

Le septième art n’est pas oublié. Le festival propose notamment une sélection de cinq courts métrages d’animation 100 % made in Bénin, en partenariat avec Les Rencontres Cinétoons & Kreativ, portées par l’association béninoise Grain de Sel. Parmi les œuvres figurent Ningbon Nou Mi ?, Adieu Pi Pan, Transhumance, Chemins étoilés et Cœur d’Or. Cette sélection met en lumière une nouvelle génération de créateurs béninois de l’animation.

Le théâtre sera également représenté avec De l’Eau et des Humains – Voyage aux sources de l’or bleu, une création réalisée au Bénin qui interroge le rapport de l’être humain à l’eau et à l’environnement. La pièce met notamment en scène le comédien Joël Lokossou.

La gastronomie béninoise et ouest-africaine aura, elle aussi, droit de cité avec des rendez-vous culinaires proposés durant le festival. Un plateau radio avec interviews en direct est également prévu le samedi 17 octobre avec Radio Saint Ferréol.

Les arts visuels béninois occupent aussi l’espace

La manifestation dépasse les trois journées du festival. Une exposition consacrée à 19 artistes contemporains du Bénin est programmée du 14 octobre au 4 novembre 2026 à la Chapelle des Cordeliers, à Crest.

Le public pourra notamment découvrir les univers de Calixte Dakpogan, Charles Placide, Cyprien Tokoudagba, Daniel H. Dansou, Hector Sonon, Kifouli Dossou, Gérard Quenum, Dominique Zinkpè et de nombreux autres artistes. Le vernissage est annoncé le 14 octobre, avec une rencontre autour de l’ouvrage Artistes du monde : Artistes contemporains du Bénin, en présence d’André Jolly, commissaire de l’exposition.

Une autre exposition, intitulée « Afriques, regards croisés », réunira durant le festival quatre regards artistiques autour du patrimoine, des scènes de vie et des imaginaires de l’Afrique de l’Ouest.

Une vitrine pour le Bénin culturel en France

À travers cette troisième édition, Oley’Africa propose ainsi bien davantage qu’une succession de spectacles. La manifestation crée un espace de rencontre entre artistes, intellectuels, professionnels des médias, acteurs culturels et publics autour de la création africaine et, plus particulièrement cette année, du patrimoine béninois.

La présence de figures issues de la musique, du cinéma, du théâtre, de la littérature orale, des arts plastiques et du patrimoine spirituel donne à cette édition une dimension pluridisciplinaire. Le choix de placer le Bénin à l’honneur offre également une vitrine à une scène artistique qui cherche à conjuguer héritage culturel et expressions contemporaines.

Pour Segun A. Olabisi, président et directeur artistique du Festival Oley’Africa, cette rencontre constitue un cadre de valorisation et de dialogue autour des cultures africaines. L’organisation est assurée avec plusieurs partenaires et collaborateurs, tandis que la communication du festival est coordonnée par Madalena Lima.

Trois jours pour célébrer la diversité africaine

Du 16 au 18 octobre 2026, Crest sera donc au rythme du Bénin et de l’Afrique. Concerts, conférences, cinéma, théâtre, danse, ateliers, gastronomie, arts plastiques et rencontres professionnelles composeront un programme destiné à des publics de différents âges.

Avec « Positif Vodun », Oley’Africa entend surtout mettre en avant une culture béninoise plurielle, capable de puiser dans ses racines tout en dialoguant avec la création contemporaine.

Une manière, aussi, de faire voyager le Bénin autrement : par ses artistes, ses créateurs, ses histoires, ses sonorités, ses images et son patrimoine.

La rédaction

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