Mondial 2026 : Quand la géopolitique de Donald Trump et le gigantisme de la FIFA tuent la ferveur du football

(L’AIPS juge ”inacceptable” la difficulté des journalistes accrédités à obtenir un visa américain)

Le constat est amer à seulement quelques heures du coup d’envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™️. Dans les rues, les cafés et les discussions quotidiennes, l’ambiance est d’un calme plat. Aucune effervescence, aucun engouement populaire notable. Le contraste avec les éditions précédentes est saisissant. Comme à l’accoutumée pour les projets démesurés, le soufflé est retombé avant même d’avoir gonflé. À l’origine de ce désintéressement total, un cocktail toxique mêlant choix d’organisation douteux, barrières géopolitiques et mépris flagrant des supporters.


Le piège de la co-organisation et le casse-tête des horaires

Cette édition 2026 marque une première historique : une formule XXL à 48 équipes éclatée sur trois pays géants que sont les États-Unis, le Canada et le Mexique. Si la FIFA vantait un projet d’unification continentale, la réalité s’apparente à une dilution de l’identité du tournoi.

Pour les passionnés de football à travers le globe, en particulier en Afrique et en Europe, suivre la compétition sera un parcours du combattant. En raison du décalage horaire avec l’Amérique du Nord, la grande majorité des rencontres cruciales se jouera à des heures indues (en plein milieu de la nuit ou au petit matin).

Comment exiger d’un travailleur, d’un fonctionnaire ou d’un étudiant appelé à rejoindre son service ou ses cours le lendemain matin, de passer des nuits blanches devant son écran ? En refusant d’adapter les calendriers au reste de la planète football, les instances ont d’emblée exclu des millions de spectateurs.

Le diktat de Washington : Le football pris en otage

Mais le coup de grâce porté à la magie du sport vient de la Maison-Blanche. Le comportement et les décisions arbitraires du président des États-Unis, Donald Trump, jettent une ombre colossale sur l’événement. La politique migratoire ultra-restrictive de son administration a transformé l’obtention des visas en un calvaire kafkaïen. Journalistes accrédités et supporters du monde entier se voient refuser l’accès au territoire américain au nom d’un protectionnisme exacerbé, transformant cette grande fête populaire en un salon privé et élitiste.

Le paroxysme de cette ingérence politique a été atteint ces derniers jours avec le feuilleton de l’équipe nationale d’Iran. Dans un climat de tensions internationales majeures, l’administration Trump a imposé un véritable diktat, menaçant à demi-mot la participation iranienne et bloquant jusqu’au dernier moment les visas des joueurs et de l’encadrement technique. Bien que la FIFA ait insisté pour que le sport reste neutre et que des visas de dernière minute aient été accordés in extremis pour les joueurs — forçant l’équipe à s’exiler à Tijuana au Mexique pour sa préparation —, le mal est fait. Plusieurs officiels et administratifs iraniens restent interdits de territoire, et les supporters iraniens ont été purement et simplement bannis. Le grand pays de la démocratie et des droits de l’homme autoproclamé fait honte aux valeurs universelles du sport.

Le mea culpa impossible de la FIFA

Face à de telles péripéties, une question s’impose légitimement : la FIFA a-t-elle bien fait de retenir les États-Unis pour co-abriter cette version 2026 ? Assurément pas.

En confiant les clés de son joyau à une superpuissance prompte à utiliser les visas comme une arme diplomatique, l’instance internationale a abdiqué sa propre souveraineté. Jamais le monde du football n’avait assisté à un tel niveau d’incertitude et de tensions politiques à l’aube d’une phase finale.

Alors que le match d’ouverture approche, le désintéressement du public est la réponse logique à un football qui a perdu son âme, confisqué par les intérêts géopolitiques d’un seul homme et la cupidité financière d’une organisation mondiale déconnectée de ses supporters. On attend de voir la suite sur le terrain, mais le cœur n’y est définitivement pas.

COMMUNIQUE DE PRESSE de L’AIPS

L’Association internationale de la presse sportive -AIPS- a jugé ”inacceptable” que de nombreux journalistes, dûment accrédités par la FIFA pour couvrir la Coupe du monde 2026, soient confrontés à des difficultés pour obtenir un visa américain.

‎Dans un communiqué publié sur son site l’AIPS appelle la FIFA à ”intervenir et à veiller à ce que les représentants des médias concernés ne se voient pas refuser injustement l’entrée aux États-Unis d’Amérique”.

‎Les responsables de cette structure qui regroupe les journalistes sportifs à travers le monde indiquent avoir saisi, par une lettre officielle, Bryan Swanson, directeur des relations avec les médias de la FIFA et Jochen Steinhoff, responsable des opérations et services médias de la FIFA.

‎La Coupe du monde de la FIFA 2026 se tiendra du 11 juin au 19 juillet aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada. Elle regroupera 48 pays.

‎Le match d’ouverture de la Coupe du monde 2026 opposera le Mexique à l’Afrique du Sud, le jeudi 11 juin 2026, à l’emblématique Estadio Azteca de Mexico.

FSP

Partager
Suivre :
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde