Les manifestations en Iran sont entrées dans leur treizième jour consécutif, défiant la répression des autorités, tandis qu’une ONG fait état d’au moins 51 manifestants tués.
Les manifestations qui secouent l’Iran depuis près de deux semaines se sont poursuivies vendredi pour un treizième jour consécutif, malgré un durcissement de la répression. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 51 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, dont neuf enfants, un bilan en hausse par rapport aux chiffres communiqués la veille.
Les protestations, déclenchées par la colère contre le régime et la dégradation des conditions économiques, ont progressivement pris une dimension plus politique, avec des slogans appelant à la fin du système islamique instauré après la révolution de 1979. Des rassemblements ont été signalés dans de nombreuses villes, notamment à Téhéran, Mashhad et Zahedan, malgré une coupure quasi totale d’internet imposée par les autorités, dénoncée par l’organisme Netblocks comme une tentative de masquer les violences.
Les jours du régime comptés : les manifestations en Iran s’étendent désormais à tout le pays
Des vidéos non vérifiées diffusées sur les réseaux sociaux montrent des foules importantes et des bâtiments incendiés, tandis que des témoins et des organisations locales affirment que les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur des manifestants dans plusieurs localités. À Zahedan, des rassemblements ont été dispersés près de la mosquée Makki, faisant plusieurs blessés selon des sources militantes.
Dans ce contexte, les évaluations internationales évoluent. Des responsables américains ont indiqué que les agences de renseignement des États-Unis réexaminaient leur analyse initiale selon laquelle le mouvement ne menaçait pas la survie du régime. En Israël, des médias rapportent une appréciation similaire, évoquant une mobilisation plus large et une implication accrue des forces de sécurité, notamment des Gardiens de la Révolution.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé Washington et Israël d’alimenter les troubles, tout en minimisant la probabilité d’une intervention militaire étrangère.
L’opposant en exil Reza Pahlavi, fils du dernier shah, a appelé à la poursuite des manifestations et exhorté le président américain Donald Trump à agir pour soutenir les protestataires. Malgré la répression, la mobilisation semble se maintenir, laissant planer une forte incertitude sur l’évolution de la crise.
Francisco LAWSON
Iran : plus de 50 manifestants tués depuis le début du mouvement de protestation, selon une ONG
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde