Le Bénin se classe à la 28e place en Afrique en matière d’inclusion financière des femmes, selon l’ »African Women’s Inclusion Index 2025″, une étude récemment publiée par le Centre africain pour la transformation économique (ACET). Ce classement reflète les progrès réalisés par le pays, tout en mettant en lumière les défis persistants qui freinent encore l’autonomisation économique des femmes.

L’inclusion financière des femmes au Bénin a connu des améliorations ces dernières années, grâce à la promotion des services financiers numériques, à l’expansion du microcrédit et aux initiatives gouvernementales visant à favoriser l’accès des femmes aux financements. Des programmes comme le Microcrédit Alafia et les projets de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ont permis d’accroître le taux de bancarisation des femmes et de les intégrer progressivement au système financier formel. Des avancées notables dans l’inclusion financière reconnues à sa juste valeur par ACET.
De plus, l’essor des fintechs et des plateformes de mobile banking a facilité l’accès aux services financiers pour les femmes, notamment celles vivant en milieu rural. Ces solutions innovantes permettent aux femmes entrepreneures de mieux gérer leur activité et d’accéder à des crédits sans avoir besoin de garanties souvent difficiles à fournir.

Des défis persistants
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles entravent encore une inclusion financière pleinement efficace pour les femmes au Bénin. Parmi eux, les barrières culturelles et sociales demeurent un frein majeur. L’accès des femmes à la propriété foncière, souvent nécessaire pour garantir des emprunts bancaires, reste limité, rendant plus difficile leur capacité à obtenir des financements importants.
Par ailleurs, le faible niveau d’éducation financière chez certaines populations féminines constitue un autre défi. Beaucoup de femmes entrepreneures évoluent encore dans le secteur informel, sans réel accompagnement pour formaliser leurs activités ou structurer leur gestion financière.

L’absence d’un cadre réglementaire adapté pour encourager des prêts à taux abordables et des produits financiers spécifiquement conçus pour les femmes est également un frein. Le développement de mécanismes de garantie et de fonds d’investissement ciblés pourrait permettre de pallier ces insuffisances.
*Vers une inclusion financière plus équitable*
Pour améliorer davantage l’inclusion financière des femmes au Bénin, plusieurs axes d’intervention peuvent être envisagés. Tout d’abord, il est essentiel de renforcer les initiatives d’éducation financière afin de permettre aux femmes de mieux comprendre les services financiers et d’optimiser leur gestion d’entreprise.
Ensuite, les institutions financières doivent développer des produits spécifiques pour les femmes entrepreneures, avec des conditions de crédit plus flexibles et adaptées à leurs réalités. Le renforcement des dispositifs d’accompagnement, tels que le mentorat et la formation en gestion, serait aussi un levier important pour encourager l’autonomisation économique des femmes.

Enfin, la mise en place de politiques publiques favorisant l’accès à la propriété foncière pour les femmes pourrait constituer une avancée significative. Des réformes légales et des incitations pour encourager la transmission des terres aux femmes permettraient de lever un obstacle majeur à leur accès au crédit bancaire.
Le classement du Bénin dans l’ »African Women’s Inclusion Index 2025″ illustre les efforts fournis pour améliorer l’inclusion financière des femmes, mais aussi les lacunes à combler. Si les progrès réalisés sont notables, il est crucial de poursuivre les initiatives en faveur de l’accès des femmes aux services financiers, afin de garantir une autonomisation économique plus équitable et durable.
Boris MAHOUTO