Le contrôle de la gestion financière s’invite au cœur du monde sportif béninois. Après les scandales qui ont éclaboussé certaines fédérations africaines, dont la Fédération sénégalaise de karaté, le Bénin entend éviter les dérives et renforcer la transparence dans l’utilisation des subventions publiques. C’est dans cette optique que le ministre des Sports, Benoît Dato, connu pour sa rigueur en matière de gestion financière, a initié une mission d’audit au sein du Conseil National des Supporters du Bénin (CNS-B).

Dans un courrier officiel daté du 19 mars 2025, l’Inspection Générale du Ministère des Sports a exigé du CNS-B une série de documents comptables et administratifs. Parmi les pièces demandées figurent : les textes réglementaires encadrant l’organisation et le fonctionnement du CNS-B ; les actes de nomination des dirigeants ; les rapports financiers des exercices 2023 et 2024 ; les justificatifs des subventions publiques perçues ; les relevés bancaires détaillés des comptes de l’organisation.
L’objectif est clair : établir une transparence totale sur l’utilisation des fonds publics et prévenir toute dérive financière. Cette démarche s’inscrit dans une politique globale de bonne gouvernance, visant à responsabiliser les structures sportives bénéficiaires de financements publics.
*Une initiative qui pourrait faire des vagues*
Si cette demande d’audit est perçue par certains comme une mesure salutaire, elle risque également de susciter des tensions au sein du CNS-B. L’organisation, qui joue un rôle clé dans l’animation du soutien aux équipes nationales, devra prouver sa bonne gestion ou assumer d’éventuelles irrégularités.
Mais au-delà du CNS-B, d’autres fédérations sportives pourraient être concernées par cette volonté d’assainissement financier. Le ministère des Sports semble déterminé à instaurer des mécanismes de contrôle systématique pour éviter que les subventions ne soient détournées ou mal utilisées.
*Une démarche responsable et préventive*
L’exemple du Sénégal est révélateur des risques encourus en cas de mauvaise gestion. Dans ce pays, plusieurs responsables de la Fédération de karaté ont été interpellés et poursuivis en justice pour des détournements de fonds. En lançant cet audit avant d’atteindre un tel niveau de crise, le Bénin adopte une posture proactive.
Le message du ministre Benoît Dato est clair : les subventions ne sont pas des fonds à dilapider, mais des outils de développement du sport béninois. Ceux qui refuseront la transparence devront céder leur place à des gestionnaires plus rigoureux. Cette politique de rigueur pourrait, à terme, renforcer la crédibilité des instances sportives béninoises, aussi bien sur le plan national qu’international.
*Vers une nouvelle ère de gestion sportive ?*
L’initiative du ministre Dato marque peut-être un tournant dans la gestion des structures sportives au Bénin. Si l’audit du CNS-B est mené avec efficacité et suivi d’actions concrètes, il pourrait servir de modèle pour une réforme plus large du financement du sport.
Dans un pays où la ferveur sportive est indéniable, assainir la gestion financière est une nécessité pour garantir un développement durable du secteur. Le vent du changement souffle sur le sport béninois, et il appartient désormais aux acteurs concernés de s’y adapter.


Boris MAHOUTO