Le Conseil Économique et Social (CES) a officiellement ouvert, ce mardi 19 mai 2026, sa deuxième session extraordinaire au titre de l’année en cours. Une cérémonie solennelle, empreinte de symboles républicains et de messages politiques forts, qui a réuni plusieurs personnalités institutionnelles autour du président du CES, Conrad Gbaguidi.

L’événement a surtout été marqué par la présence remarquée du président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, venu réaffirmer la volonté d’une coopération renforcée entre les institutions de la République. Dans une atmosphère mêlant solennité, reconnaissance et perspectives d’avenir, les discours prononcés ont mis en lumière la place stratégique désormais accordée au CES dans le fonctionnement institutionnel du Bénin.
Une coopération institutionnelle désormais assumée
Dans son allocution d’ouverture, le président du CES, Conrad Gbaguidi, a insisté sur la nécessité d’une synergie permanente entre les institutions républicaines afin de consolider la démocratie béninoise et rapprocher davantage les citoyens des grandes décisions publiques.
Évoquant les initiatives conjointes récemment organisées, notamment le Forum national du CES ainsi que le séminaire d’imprégnation des députés de la 10e législature tenu à Agoué, dans la commune de Grand-Popo, le président du CES a salué l’esprit de collaboration instauré avec le Parlement béninois.
Pour Conrad Gbaguidi, cette dynamique traduit une nouvelle vision des relations interinstitutionnelles, fondée non plus sur une juxtaposition des rôles, mais sur une complémentarité au service de l’intérêt général. Il a notamment rendu hommage à Joseph Djogbénou pour son engagement en faveur d’un dialogue institutionnel fécond et durable.

Le président du CES a également profité de cette tribune pour saluer la maturité démocratique du peuple béninois à l’occasion de la récente élection présidentielle. Il a souligné le climat de paix, de sérénité et de responsabilité citoyenne ayant entouré le scrutin, estimant que cette alternance apaisée constitue une nouvelle preuve de la stabilité démocratique du Bénin.
Hommage à Patrice Talon et félicitations à Romuald Wadagni
Au nom des conseillers du CES, Conrad Gbaguidi a adressé ses chaleureuses félicitations au président élu, Romuald Wadagni, pour sa victoire à l’élection présidentielle. Il a assuré que le Conseil Économique et Social accompagnera activement la mise en œuvre des futures orientations gouvernementales à travers son rôle consultatif et stratégique.
Dans le même élan, un hommage appuyé a été rendu au président sortant, Patrice Talon, salué pour les réformes engagées au cours de son mandat ainsi que pour sa gestion de la transition politique. Conrad Gbaguidi a notamment évoqué « une transmission exemplaire du pouvoir » et un héritage institutionnel appelé à consolider les acquis démocratiques du pays.
DJOGBÉNOU redéfinit le rôle stratégique du CES
Invité d’honneur de cette cérémonie d’ouverture, Joseph Fifamin Djogbénou a prononcé un discours particulièrement remarqué, à travers lequel il a mis en exergue la place nouvelle du CES dans l’architecture institutionnelle béninoise.
Le président de l’Assemblée nationale a d’abord salué le rôle joué par le CES pendant la période électorale, notamment en matière de sensibilisation citoyenne, de stabilisation sociale et de vulgarisation des enjeux démocratiques auprès des populations.
Dans une formule imagée qui a retenu l’attention de l’assistance, il a déclaré :
« Le rythme du tam-tam va changer, les pas de danse vont changer pour le bien de notre pays. »
À travers cette déclaration, Joseph Djogbénou a voulu illustrer la nouvelle dynamique institutionnelle impulsée par les réformes engagées au Bénin, notamment la refondation du CES à travers sa nouvelle loi organique. Désormais élargi aux dimensions environnementales, scientifiques et culturelles, le Conseil Économique et Social se voit attribuer un rôle beaucoup plus transversal dans la gouvernance publique.
Le président du Parlement béninois a ainsi théorisé ce qu’il considère comme la double vocation du CES : une mission « pré-législative » et une mission « post-législative ».
Selon lui, le CES intervient en amont du processus législatif en participant à la réflexion et à l’élaboration des textes de loi grâce à ses analyses et avis consultatifs. Mais son rôle ne s’arrête pas là. En aval, l’institution devient également un outil essentiel de vulgarisation des lois et des politiques publiques auprès des citoyens.
Joseph Djogbénou a d’ailleurs annoncé une prochaine révision des procédures parlementaires afin de renforcer davantage l’implication du CES dans les travaux des commissions et des séances plénières de l’Assemblée nationale.
Une session placée sous le signe du travail et des réformes
Pour cette deuxième session extraordinaire, les conseillers du CES auront un agenda particulièrement dense. À quelques mois de la fin de leur mandature de transition, les membres de l’institution entendent maintenir le rythme des réformes et approfondir leur ancrage dans les problématiques nationales.
Plusieurs dossiers majeurs figurent ainsi au programme des travaux : l’examen des rapports et comptes rendus des conseils départementaux pour l’année 2026 ; l’étude de plusieurs sujets d’auto-saisine avec l’audition d’experts nationaux ; des échanges avec le ministère des Affaires sociales autour de la promotion des compétences féminines dans les sphères décisionnelles ; une séance de travail avec l’ANAGEM consacrée à la modernisation des pôles commerciaux du Bénin ; ainsi que le lancement officiel de la toute première édition des « Cafés scientifiques » du CES.
En clôturant la cérémonie, Conrad Gbaguidi a officiellement déclaré ouverts les travaux de cette deuxième session extraordinaire, appelant les conseillers à poursuivre leur mission avec « rigueur, responsabilité et esprit de service public ».
À travers cette session, le CES entend confirmer sa montée en puissance dans le paysage institutionnel béninois et affirmer davantage son rôle de passerelle entre les institutions, les experts et les populations.
RCMM