La République Démocratique du Congo (RDC) est en proie à une crise sécuritaire alarmante, en particulier dans les régions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les attaques répétées des groupes rebelles, notamment le M23, ont causé des milliers de morts, le déplacement de populations civiles et la prise de contrôle de plusieurs villes stratégiques, exacerbant une situation humanitaire déjà précaire.

Face à cette tragédie, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) demeure étonnamment silencieuse. Alors que des organisations telles que la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) ont déployé des troupes en RDC et prolongé leur mission pour soutenir le gouvernement congolais dans sa lutte contre les groupes rebelles, la CEDEAO n’a pris aucune mesure significative pour contribuer à la résolution de cette crise.
Ce mutisme est d’autant plus frappant que des voix s’élèvent pour dénoncer l’inaction des dirigeants africains. Me Saïd Larifou, avocat comorien, a critiqué le silence des chefs d’État africains face au conflit en RDC, soulignant leur mobilisation rapide lors de la guerre en Ukraine et appelant à une implication similaire pour les crises africaines.

Il est impératif que la CEDEAO, en tant qu’organisation régionale influente, rompe son silence et prenne des mesures concrètes pour soutenir les efforts de paix en RDC. L’inaction actuelle de la CEDEAO contraste avec les initiatives d’autres blocs régionaux et risque de compromettre la solidarité africaine nécessaire pour résoudre les conflits sur le continent.
L’Afrique ne peut se permettre que des organisations régionales restent passives face à des crises qui affectent profondément la stabilité et le développement du continent. La CEDEAO doit assumer sa responsabilité et contribuer activement à la recherche de solutions durables pour la paix en RDC, même si ce n’est pas sa zone géographique d’intervention.