La tension reste vive autour du navire de croisière MV Hondius, théâtre d’un foyer d’infection au hantavirus qui mobilise désormais les autorités sanitaires internationales. Alors que plusieurs cas suspects et confirmés ont été détectés à bord, les autorités espagnoles ont annoncé l’organisation imminente d’une vaste opération de rapatriement des passagers vers sept pays, dont la France.
Le bateau de croisière, exploité par la compagnie Oceanwide Expeditions, est attendu ce dimanche aux îles Canaries entre 4 heures et 6 heures du matin. Une arrivée particulièrement sensible qui a conduit les autorités espagnoles à mettre en place un dispositif sanitaire exceptionnel afin d’éviter tout risque de propagation auprès de la population locale.
Selon la ministre espagnole de la Santé, ni les bagages des passagers ni le corps de la victime décédée à bord ne seront débarqués dans l’archipel. Ceux-ci resteront confinés sur le navire avec une partie de l’équipage, tandis que le bâtiment poursuivra ensuite sa route vers les Pays-Bas.
Une évacuation millimétrée pour éviter toute contamination
Les autorités espagnoles assurent que tout a été préparé pour permettre une évacuation « rapide et sécurisée ». Les passagers quitteront le navire par groupes de nationalité afin de faciliter leur acheminement vers des vols de rapatriement déjà programmés vers les États-Unis et plusieurs pays européens, notamment la France.
Le ministre espagnol de l’Intérieur a insisté sur le caractère strict du protocole sanitaire mis en œuvre. L’objectif affiché est clair : empêcher tout contact entre les voyageurs du paquebot et les habitants des Canaries. « Tout est prêt. Le dispositif conçu empêche tout contact avec la population civile, qui ne courra aucun risque », ont assuré les autorités espagnoles.
Cette crise sanitaire prend une dimension internationale avec l’arrivée en Espagne du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ce dernier devait rencontrer le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez à Madrid avant de se rendre dans la soirée aux Canaries pour superviser personnellement les opérations d’évacuation.
Un bilan encore limité mais surveillé de très près
Le dernier rapport publié par l’OMS fait état de six cas confirmés parmi huit cas suspects recensés à bord du navire. Parmi les victimes figurent un couple de passagers néerlandais ainsi qu’une ressortissante allemande décédée.
Malgré ces chiffres préoccupants, l’OMS estime à ce stade que « le risque pour les passagers et l’équipage reste modéré ». La compagnie Oceanwide Expeditions affirme pour sa part qu’aucun nouveau symptôme n’a été signalé parmi les quelque 150 passagers encore présents sur le paquebot.

Dans le même temps, plusieurs résultats d’analyses sont venus apporter un léger soulagement aux autorités sanitaires. Deux ressortissants de Singapour ayant séjourné à bord ont été testés négatifs, tout comme une personne hospitalisée à Düsseldorf en Allemagne.
Le hantavirus, une maladie rare mais redoutée
Le hantavirus est une infection virale généralement transmise à l’homme par des rongeurs infectés ou leurs déjections. Rare mais potentiellement grave, cette maladie peut provoquer des syndromes respiratoires sévères et des atteintes rénales importantes. Les autorités sanitaires internationales restent donc extrêmement vigilantes face à tout risque de propagation dans des espaces confinés comme les navires de croisière.
Cette affaire rappelle brutalement combien les croisières internationales peuvent devenir des foyers sensibles de diffusion de maladies infectieuses, malgré les protocoles sanitaires renforcés mis en place depuis les grandes crises sanitaires mondiales de ces dernières années.
RCMM