Forum d’investissement des zones économiques spéciales : la GDIZ au cœur de l’ambition industrielle du Bénin, plus de 25 000 emplois déjà créés

Le Sofitel Cotonou Marina accueille, les 21 et 22 octobre 2026, le Forum d’investissement des Zones économiques spéciales, une rencontre de haut niveau consacrée à l’industrialisation de l’Afrique et à la création de valeur ajoutée sur le continent. Organisé par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en partenariat avec la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) et Panafritex, ce rendez-vous réunit investisseurs, industriels, acheteurs internationaux, institutions financières et décideurs publics autour d’un objectif majeur : transformer davantage les matières premières africaines sur place, créer des emplois durables et renforcer la compétitivité des économies du continent. À l’ouverture des travaux, les responsables de la GDIZ, d’Afreximbank et du patronat béninois ont mis en avant les résultats enregistrés par le Bénin et les perspectives offertes aux investisseurs.

La transformation locale, une priorité stratégique pour l’Afrique

Le Forum d’investissement des Zones économiques spéciales s’inscrit dans un contexte où la transformation structurelle des économies africaines apparaît comme une nécessité. Malgré l’abondance de leurs ressources naturelles, agricoles et minières, de nombreux pays du continent continuent d’exporter une part importante de leur production à l’état brut, avant d’importer des produits finis à plus forte valeur ajoutée.

Ce modèle limite les retombées économiques locales, réduit les possibilités de création d’emplois industriels et prive les économies africaines d’une part importante de la richesse générée par leurs ressources.

Pour les organisateurs, l’enjeu est désormais de passer de l’exploitation des matières premières à la production industrielle intégrée, capable d’alimenter les marchés nationaux, régionaux et internationaux. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui ouvre des perspectives à l’échelle d’un marché de plus de 1,4 milliard de personnes, constitue à cet égard une opportunité majeure.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la rencontre de Cotonou, dont les travaux sont consacrés à la mobilisation des investissements, au développement des chaînes de valeur africaines, à l’amélioration des capacités de production et au rapprochement entre fabricants et acheteurs.

Lètondji Béhéton met en avant les performances de la GDIZ

Dans son mot de bienvenue, le directeur général de la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI-Bénin SA), Lètondji Béhéton, a souligné le caractère stratégique des Zones économiques spéciales pour l’avenir économique du Bénin. Il a rappelé que le développement industriel ne peut durablement reposer sur l’exportation des matières premières, mais doit s’appuyer sur la transformation locale, la création d’emplois qualifiés et la conquête de nouveaux marchés.

Selon lui, le Bénin a engagé une évolution importante de son modèle économique en faisant de la transformation des produits agricoles et des ressources disponibles un axe central de sa politique industrielle. La GDIZ constitue l’un des instruments majeurs de cette ambition.

Le responsable a notamment évoqué les filières du coton, de l’anacarde, du karité et de l’ananas, qui offrent des possibilités de transformation et de diversification de la production nationale. L’objectif est de faire émerger un tissu industriel plus compétitif, capable de transformer les ressources locales en produits finis ou semi-finis et de conserver une part plus importante de la valeur ajoutée au Bénin.

Du coton aux vêtements finis : un changement de modèle

L’industrie textile occupe une place centrale dans cette stratégie. Alors que le Bénin figure parmi les producteurs importants de coton en Afrique, une grande partie de la valeur de cette matière première échappait historiquement à l’économie nationale en raison de sa transformation limitée sur place.

Le développement de la GDIZ vise précisément à corriger cette situation grâce à l’installation d’unités industrielles intégrées, couvrant plusieurs étapes de la chaîne de production textile, de la transformation de la fibre à la confection de vêtements.

D’après les chiffres présentés par le directeur général de la SIPI-Bénin SA, la zone transforme désormais environ 40 000 tonnes de fibres de coton, soit près de 12,7 % de la production nationale de fibres évoquée dans son intervention. Plusieurs unités textiles et ateliers de confection y sont implantés, avec une capacité annoncée de plus de 40 millions de pièces de vêtements.

Cette évolution illustre la volonté du Bénin de ne plus se limiter à la vente de coton brut, mais de développer une véritable industrie de l’habillement, susceptible de répondre aux exigences des acheteurs internationaux.

Les filières de l’anacarde et des produits dérivés du coton participent également à cette dynamique. Les capacités industrielles annoncées couvrent notamment la transformation des noix de cajou et l’extraction d’huile à partir des graines de coton. Ces activités contribuent à diversifier la base productive du pays et à multiplier les débouchés pour les matières premières agricoles.

Plus de 25 000 emplois déjà créés, 300 000 annoncés à l’horizon 2030

Au-delà des infrastructures et des capacités de production, l’emploi demeure l’un des principaux indicateurs de réussite de la GDIZ.

Au cours de son intervention et de la conférence de presse qui a suivi, Lètondji Béhéton a indiqué que plus de 25 000 emplois avaient déjà été créés dans la zone, notamment dans les secteurs du textile et de l’habillement.

À terme, les projections présentées par les responsables font état d’un objectif de 300 000 emplois directs à l’horizon 2030. Cette perspective traduit l’ambition de faire de la plateforme industrielle un puissant moteur de développement économique et social.

La création d’emplois industriels est en effet susceptible de produire des effets au-delà des entreprises directement implantées dans la zone : développement de la sous-traitance, progression des activités logistiques, augmentation de la demande de services, formation professionnelle et multiplication des débouchés pour les producteurs agricoles.

Pour atteindre ces objectifs, les responsables reconnaissent toutefois la nécessité de poursuivre les investissements, de renforcer les compétences locales et de garantir aux entreprises un accès durable aux financements, aux infrastructures et aux marchés.

Afreximbank, un partenaire financier déterminant

L’intervention spéciale de Jean Arsène Yérima, directeur régional des opérations pour l’Afrique de l’Ouest francophone d’Afreximbank, a mis en évidence l’importance du financement dans la transformation industrielle du continent.

L’expérience du coton béninois illustre, à ses yeux, le paradoxe d’économies qui disposent de matières premières abondantes sans toujours maîtriser les étapes les plus rémunératrices de leur transformation. La production de vêtements finis, plutôt que l’exportation exclusive de fibres, permet de capter davantage de valeur, de développer les compétences et de mieux intégrer les chaînes d’approvisionnement internationales.

Dans cette perspective, Afreximbank entend rapprocher les besoins des entreprises industrielles des solutions de financement disponibles. La banque a contribué à la mobilisation de ressources destinées au développement de la GDIZ, notamment pour l’aménagement de ses infrastructures.

La coopération entre l’institution financière, les pouvoirs publics et les opérateurs industriels est appelée à se renforcer afin de soutenir l’installation de nouvelles unités, de favoriser l’expansion des entreprises et de faciliter leur accès aux marchés d’exportation.

L’ouverture annoncée d’un bureau d’Afreximbank au sein de la GDIZ doit également contribuer à rapprocher les services financiers des industriels et à faciliter l’identification de solutions adaptées à leurs besoins.

Le patronat béninois appelle à saisir les opportunités

Prenant la parole au nom du secteur privé, Eustache Kotingan, président du Conseil national du patronat du Bénin (CNP-Bénin), a insisté sur la nécessité de transformer les opportunités offertes par la plateforme industrielle en projets économiques concrets.

Pour les entreprises, l’enjeu consiste à identifier les matières premières disponibles, les possibilités de transformation, les besoins des marchés et les mécanismes de financement permettant de développer des activités compétitives.

Le patronat est ainsi appelé à jouer un rôle essentiel dans la mobilisation des investisseurs, la mise en relation des opérateurs économiques et l’accompagnement des entreprises souhaitant s’implanter ou développer leurs activités au sein de la zone.

Les échanges doivent permettre de rapprocher les industriels des institutions financières, mais aussi de renforcer les relations commerciales entre les entreprises béninoises et leurs partenaires africains et internationaux.

Cette démarche répond à une exigence fondamentale : une zone industrielle ne peut produire pleinement ses effets que si les infrastructures disponibles s’accompagnent d’investissements productifs, de débouchés commerciaux et d’une participation active du secteur privé.

Des rencontres d’affaires pour transformer les intentions en investissements

Au-delà des allocutions officielles, le Forum se veut une plateforme opérationnelle destinée à favoriser la conclusion de partenariats. Le programme prévoit des rencontres d’affaires entre entreprises, investisseurs, acheteurs, institutions financières et représentants des pouvoirs publics. Les échanges portent notamment sur le financement industriel, l’approvisionnement en matières premières, la production textile, la logistique, la distribution et l’accès aux marchés.

Des rencontres Business-to-Business (B2B) et Business-to-Government (B2G) doivent faciliter les discussions entre opérateurs économiques et décideurs publics, avec l’ambition de faire émerger des projets d’investissement et des accords commerciaux.

Le Forum est également associé au Programme des acheteurs africains (African Buyers Programme), une initiative d’Afreximbank destinée à rapprocher les acheteurs, importateurs, distributeurs et détaillants des fabricants et fournisseurs africains.

Ce mécanisme vise à faciliter les relations commerciales, à identifier des possibilités d’approvisionnement et à convertir les rencontres professionnelles en transactions durables. Il doit notamment contribuer au développement du commerce intra-africain et à une meilleure intégration des entreprises dans les chaînes de valeur continentales.

Les organisateurs ciblent une mobilisation d’investisseurs, une cinquantaine d’acheteurs et des rencontres d’affaires structurées, avec un potentiel d’investissement annoncé de 100 millions de dollars. Ces montants constituent des objectifs et des perspectives de mobilisation, et non des investissements déjà réalisés.

La visite de la GDIZ, temps fort de la deuxième journée

Après les travaux organisés au Sofitel Cotonou Marina, la deuxième journée, prévue le jeudi 22 octobre 2026, sera consacrée à une visite de découverte, d’investissement et d’approvisionnement dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé.

Les participants pourront découvrir les infrastructures, les équipements et les unités de production en activité. Des rencontres ciblées entre investisseurs, fabricants, acheteurs et équipes de la GDIZ sont également prévues afin d’examiner les possibilités d’implantation et d’approvisionnement. Cette immersion sur le terrain doit permettre aux participants d’apprécier concrètement les capacités industrielles disponibles et d’identifier les possibilités de collaboration.

Située à proximité de Cotonou et connectée au Port autonome de Cotonou, la GDIZ propose un environnement industriel intégré, comprenant des infrastructures dédiées, des espaces de stockage et des services destinés à faciliter l’installation et le développement des entreprises. La plateforme bénéficie également d’un dispositif d’accompagnement administratif et de formation professionnelle.

Les activités qui s’y développent couvrent notamment le textile, l’agro-industrie, les matériaux de construction, les cosmétiques, les soins personnels, le recyclage, l’industrie pharmaceutique et la logistique.

Un rendez-vous au service de l’industrialisation africaine

La cérémonie d’ouverture, animée par Mme Mirriam Furaha Karba, responsable régionale de la communication d’Afreximbank, et Mikaila Saka, professionnel des médias, de la communication et des relations publiques, a donné le ton d’une rencontre orientée vers la coopération économique et la création de valeur.

La photo de famille et la conférence de presse ont ensuite permis de revenir sur les résultats enregistrés par la plateforme industrielle et sur les défis à relever pour poursuivre son expansion.

À travers ce Forum, le Bénin entend consolider sa place dans les chaînes de production africaines et internationales, tout en démontrant que les Zones économiques spéciales peuvent contribuer à accélérer la transformation des économies du continent.

La réussite de cette ambition dépendra cependant de la capacité à convertir les annonces en investissements effectifs, à assurer la viabilité des unités industrielles, à développer les compétences locales et à garantir des débouchés commerciaux durables.

Pour la GDIZ, Afreximbank, Panafritex et les partenaires réunis à Cotonou, le défi est donc clair : faire de la transformation locale un véritable levier de croissance, d’emploi et de compétitivité. Au-delà des discours, les résultats attendus se mesureront à la concrétisation des projets, à la progression de la production industrielle et à la part croissante de la richesse créée et conservée en Afrique.

La rédaction

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Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde