La Coupe du monde 2026 est rattrapée par une vive controverse à portée historique et diplomatique. Lors de la rencontre opposant le Japon à la Tunisie, disputée à Monterrey, plusieurs supporters japonais ont brandi le drapeau impérial du « Soleil levant », un emblème associé à l’armée impériale japonaise durant la Seconde Guerre mondiale. Ce geste, loin de passer inaperçu, a ravivé de profondes blessures mémorielles en Asie de l’Est et déclenché une réaction officielle de la Corée du Sud auprès de la FIFA.
L’apparition de ce drapeau dans les tribunes a immédiatement suscité une vague d’indignation en Corée du Sud, en Corée du Nord et en Chine. Dans ces pays, le « Soleil levant » demeure un symbole du militarisme japonais, de la colonisation et des exactions commises par l’armée impériale au cours de la première moitié du XXe siècle. De nombreux responsables politiques et historiens sud-coréens établissent régulièrement un parallèle entre cet emblème et la croix gammée utilisée par l’Allemagne nazie, estimant qu’il représente un passé douloureux qui ne saurait être banalisé.
Face à cette situation, le professeur sud-coréen Seo Kyoung-duk, connu pour son engagement contre l’utilisation de ce symbole dans les manifestations sportives et culturelles, a officiellement saisi la FIFA. Dans sa plainte, il demande à l’instance dirigeante du football mondial de prononcer une interdiction définitive de ce drapeau dans toutes les compétitions internationales.
« La Coupe du monde est une célébration qui rassemble les peuples du monde entier. Brandir un symbole qui ravive les traumatismes de millions de personnes est contraire aux valeurs de respect et de fraternité que véhicule le football », a-t-il déclaré.
Cette affaire intervient alors que la FIFA interdit déjà, dans ses règlements, l’affichage de messages ou de symboles à caractère politique, discriminatoire ou offensant dans les enceintes sportives. L’organisation n’a toutefois pas encore réagi publiquement à cet incident, laissant planer le doute sur d’éventuelles sanctions.
Le Japon défend pour sa part une interprétation radicalement différente de cet emblème. Les autorités japonaises rappellent que le drapeau du « Soleil levant » est utilisé depuis plusieurs siècles dans la culture nationale et qu’il reste aujourd’hui l’insigne officiel des Forces maritimes d’autodéfense japonaises. Selon Tokyo, il ne constitue pas un symbole de haine, mais un élément du patrimoine historique et militaire du pays.
Cette divergence de perception continue d’alimenter les tensions diplomatiques entre le Japon et plusieurs de ses voisins asiatiques. L’incident survenu au Mondial 2026 a également embrasé les réseaux sociaux japonais, où de nombreux internautes dénoncent la plainte sud-coréenne. Certains réclament une intervention de la Fédération japonaise de football auprès de la FIFA, tandis que d’autres vont jusqu’à suggérer une saisine de la Cour internationale de Justice.
Ce n’est pas la première fois que le drapeau du « Soleil levant » fait polémique dans le monde du football. En 2017, le club japonais Kawasaki Frontale avait déjà été sanctionné par la Confédération asiatique de football (AFC) après que des supporters eurent exhibé le même emblème lors d’un match de Ligue des champions asiatique, illustrant la sensibilité persistante de cette question sur la scène sportive internationale.
Au-delà de l’événement sportif, cette nouvelle polémique rappelle combien les mémoires de la Seconde Guerre mondiale demeurent profondément ancrées en Asie de l’Est. Elle met également en lumière le défi permanent auquel sont confrontées les grandes compétitions internationales : préserver l’esprit de fraternité du sport tout en évitant que les rivalités historiques et les blessures du passé ne s’invitent dans les tribunes.
La rédaction
Coupe du monde 2026 : le drapeau du « Soleil levant » relance les blessures de la Seconde Guerre mondiale et provoque une plainte contre le Japon »
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde