Le pape Léon XIV en tournée africaine en avril : une visite historique marquée par le dialogue interreligieux

Le Vatican a officiellement annoncé, mercredi 25 février, la prochaine tournée africaine du pape Léon XIV. Du 13 au 23 avril 2026, le souverain pontife effectuera une visite pastorale dans quatre pays du continent : l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Un déplacement hautement symbolique, qui marquera notamment la toute première visite d’un pape en Algérie.

Élu en mai 2025, Léon XIV poursuit ainsi son agenda international avec ce troisième voyage hors d’Italie, confirmant l’attention particulière qu’il porte à l’Afrique, continent en pleine mutation religieuse, sociale et politique.

Un itinéraire dense à forte portée spirituelle

Le programme dévoilé par le Saint-Siège illustre l’ampleur de cette tournée :

Algérie (13–15 avril) : Alger et Annaba

Cameroun (15–18 avril) : Yaoundé, Bamenda et Douala

Angola (18–21 avril) : Luanda, Muxima et Saurimo

Guinée équatoriale (21–23 avril) : Malabo, Mongomo et Bata

Chaque étape combinera célébrations liturgiques, rencontres avec les autorités politiques, échanges avec les communautés religieuses et dialogues avec la société civile.

Une première historique en Algérie

La visite en Algérie constitue l’un des temps forts de cette tournée. Pays majoritairement musulman où l’islam est religion d’État, l’Algérie n’a encore jamais accueilli de souverain pontife. Ce déplacement revêt donc une portée historique majeure.

Le pape Léon XIV a exprimé à plusieurs reprises son souhait de se rendre sur la terre de Saint Augustin, né en 354 à Thagaste (actuelle région de Souk Ahras) et devenu évêque d’Hippone, aujourd’hui Annaba. Figure centrale de la pensée chrétienne, Saint Augustin demeure un pont intellectuel et spirituel entre l’Afrique et l’Occident.

En décembre dernier, le pontife avait confié vouloir visiter ces lieux « pour poursuivre le dialogue et tisser des liens entre les mondes chrétien et musulman ». Dans un contexte régional où la cohabitation religieuse reste un enjeu sensible, cette démarche s’inscrit dans une volonté claire d’apaisement et de fraternité.

La visite interviendra également peu après le 30ᵉ anniversaire de l’assassinat des moines cisterciens de Tibhirine, enlevés en mars 1996 durant la guerre civile algérienne. Leur mémoire, toujours vive, symbolise le sacrifice et le témoignage silencieux du dialogue interreligieux en temps de crise.

Des nations en quête de stabilité et d’espérance

Au Cameroun et en Angola, deux pays confrontés à des tensions politiques et à une contestation sociale persistante, la présence du pape sera scrutée avec attention. Les observateurs s’attendent à des messages forts en faveur de la paix, de la justice sociale et de la réconciliation nationale.

Au Cameroun notamment, marqué par la crise anglophone et des défis socio-économiques majeurs, les étapes de Bamenda et Douala traduisent la volonté du Saint-Siège d’aller au contact des réalités locales.

En Angola et en Guinée équatoriale, pays à forte majorité chrétienne, la visite devrait renforcer les liens historiques entre l’Église catholique et les institutions locales, tout en abordant les enjeux liés à la gouvernance, à la jeunesse et au développement humain.

Le dialogue islamo-chrétien au cœur du voyage

Au-delà de la dimension pastorale, cette tournée africaine s’inscrit dans la continuité de la diplomatie spirituelle initiée par ses prédécesseurs. Dans un monde traversé par les crispations identitaires et les fractures religieuses, Léon XIV entend promouvoir une culture du dialogue, de la coexistence et du respect mutuel.

En Algérie, où la doctrine malékite sunnite structure majoritairement la vie religieuse, la Constitution garantit la liberté de culte, sous réserve d’agrément officiel. La présence du pape pourrait ainsi ouvrir une nouvelle étape dans les relations entre l’Église catholique et les autorités algériennes.

Une Afrique au centre de l’attention pontificale

Avec cette tournée de dix jours, le pape Léon XIV confirme que l’Afrique occupe une place stratégique dans la mission universelle de l’Église catholique. Continent de croissance démographique et de vitalité religieuse, l’Afrique est aussi un espace où se redessinent les équilibres du christianisme mondial.

Cette visite s’annonce donc comme un moment fort du pontificat : un temps de prière, de mémoire et d’espérance, mais aussi un signal diplomatique en faveur du dialogue entre les peuples et les religions.

Avril 2026 pourrait ainsi marquer une nouvelle page des relations entre le Vatican et l’Afrique, sous le signe de la fraternité et du rapprochement des civilisations.

CMM

Partager
Suivre :
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde