Les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se préparent à lever 4,3 milliards de dollars sur le marché régional des titres publics au cours du deuxième trimestre de 2025. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique visant à financer les projets de développement et à faire face aux défis économiques persistants.
Les États membres de l’UEMOA, composés du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo, recourent régulièrement à l’émission de titres publics pour assurer le financement de leurs budgets nationaux. L’objectif est de renforcer les infrastructures, soutenir les secteurs productifs et répondre aux impératifs sociaux. Une mobilisation stratégique de ressources pour des actions courageuses au profit des populations.
Cette levée de fonds s’effectuera à travers des Bons et Obligations du Trésor émis sur le marché financier régional de l’UMOA-Titres, un mécanisme clé pour garantir la liquidité des États sans recourir exclusivement à des financements extérieurs souvent plus onéreux.
*Un contexte économique contrasté*
Cette mobilisation intervient dans un contexte économique marqué par des défis multiples. La hausse des taux d’intérêt mondiaux, l’inflation persistante et les incertitudes liées aux tensions géopolitiques pèsent sur les économies de la région. Cependant, la croissance économique de l’UEMOA reste dynamique, avec un taux prévu de 5,5 % en 2025 selon les estimations de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Face aux contraintes budgétaires et aux besoins croissants en investissements, les gouvernements de la région privilégient une stratégie de diversification des sources de financement. L’émission de titres publics permet de capter l’épargne locale et de réduire la dépendance aux bailleurs internationaux, tout en renforçant la souveraineté financière des États.
*Une confiance maintenue des investisseurs*
Le marché financier régional de l’UEMOA a démontré une résilience notable ces dernières années, attirant une demande soutenue de la part des investisseurs institutionnels, des banques et des compagnies d’assurance. La transparence des émissions, le cadre réglementaire rigoureux et la régularité des remboursements des précédents emprunts renforcent la confiance des opérateurs financiers.
Toutefois, la capacité des États à mobiliser ces fonds dépendra de plusieurs facteurs, notamment l’évolution des taux d’intérêt, la stabilité macroéconomique et les perspectives de croissance des pays concernés. Une gestion rigoureuse des finances publiques et une utilisation efficace des ressources levées seront déterminantes pour maintenir cette attractivité.
*Perspectives et défis*
Si cette nouvelle levée de fonds constitue une opportunité pour financer les besoins de développement des pays de l’UEMOA, elle pose également des défis en matière de gestion de la dette publique. L’endettement des États membres reste sous surveillance, avec des ratios qui, bien que contenus, nécessitent une vigilance accrue pour éviter tout risque de surendettement.
Dans ce contexte, les gouvernements devront concilier rigueur budgétaire et investissements stratégiques afin de garantir une croissance durable et inclusive. L’intégration économique régionale, la diversification des économies et le renforcement des politiques monétaires et fiscales seront des leviers essentiels pour assurer la stabilité financière à long terme.
En somme, cette initiative de mobilisation de 4,3 milliards de dollars confirme la volonté des pays de l’UEMOA de financer leur développement par des mécanismes endogènes tout en s’adaptant aux réalités économiques actuelles. Les résultats de cette opération seront déterminants pour évaluer la solidité du marché régional des titres publics et la confiance des investisseurs dans la région.
Boris MAHOUTO