États-Unis–Iran : alors que la guerre entre dans son septième mois, Donald Trump doit rencontrer mardi prochain à New York les dirigeants ou ministres des Affaires étrangères des six pays du Conseil de coopération du Golfe. Une réunion qui devrait porter sur la suite du conflit, les conditions d’un éventuel règlement et surtout le scénario de « l’après-guerre ».
La prochaine semaine diplomatique à New York s’annonce particulièrement chargée. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président américain Donald Trump devrait réunir autour de la même table les représentants des six monarchies du Golfe — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Oman — afin d’échanger sur la guerre qui oppose depuis plusieurs mois Washington et Téhéran.
L’information, révélée par Axios et reprise par i24NEWS, intervient alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue de peser lourdement sur la sécurité du Moyen-Orient, les routes maritimes et les marchés énergétiques. Selon plusieurs sources citées par Axios, les discussions devraient notamment porter sur les prochaines étapes du conflit et sur les propositions américaines concernant l’organisation de l’après-guerre.
Washington prépare déjà « le jour d’après »
Au-delà des opérations militaires en cours, Washington semble désormais réfléchir à la configuration politique et sécuritaire qui pourrait suivre la fin des hostilités. L’administration Trump travaille ainsi sur un plan consacré à « l’après-guerre », qui devrait être davantage précisé après les élections américaines de mi-mandat.
La rencontre avec les dirigeants du Golfe doit permettre à Washington de connaître leurs positions et leurs préoccupations avant les prochaines décisions américaines. Ces pays sont directement concernés par le conflit : plusieurs d’entre eux accueillent des installations militaires américaines et ont été exposés aux conséquences des attaques iraniennes et aux perturbations économiques provoquées par la guerre.
Pour les monarchies du Golfe, l’enjeu est considérable. La prolongation du conflit menace non seulement leur sécurité, mais également leurs infrastructures énergétiques, leurs exportations et la stabilité des voies maritimes stratégiques.
Trump face à une « grande décision »
La réunion intervient également à un moment particulièrement sensible pour Donald Trump. Le président américain a reconnu être confronté à une décision importante concernant la poursuite des opérations militaires contre l’Iran.
Dans un entretien accordé à Axios, il a déclaré devoir décider s’il fallait reprendre des frappes américaines de grande ampleur contre Téhéran ou privilégier une autre voie. Dans le même temps, Trump affirme que l’Iran souhaite parvenir à un accord avec Washington, tout en estimant que les autorités iraniennes ne seraient pas encore prêtes à accepter les conditions américaines.
Cette position traduit l’existence de deux scénarios qui restent ouverts : une nouvelle intensification militaire ou une reprise plus structurée des négociations.
Le président américain a également affirmé que la guerre pourrait approcher de sa phase finale, tout en laissant entendre que la décision sur la poursuite ou non des opérations militaires n’était pas encore arrêtée.
Le détroit d’Ormuz, un autre point de tension
Au cœur des préoccupations figure également le détroit d’Ormuz, passage maritime essentiel pour le transport mondial d’hydrocarbures.
La situation y demeure particulièrement tendue. i24NEWS rapporte notamment que les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé avoir frappé un pétrolier battant pavillon togolais qui tentait, selon eux, de traverser le détroit. Téhéran a parallèlement menacé les navires qui chercheraient à franchir la voie maritime sans son autorisation.
Une telle situation ajoute une dimension économique majeure au conflit. Toute perturbation durable du trafic maritime dans cette zone peut affecter les approvisionnements énergétiques et provoquer des tensions sur les prix du pétrole et du gaz.
Les conséquences dépassent donc largement le Moyen-Orient. Elles touchent les économies importatrices d’énergie, les chaînes logistiques internationales et, indirectement, les consommateurs à travers le monde.
Les pays du Golfe directement concernés
L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et Oman occupent une position particulièrement délicate.
Partenaires stratégiques des États-Unis, ces pays entretiennent parallèlement des relations économiques et diplomatiques avec différents acteurs de la région. Leur priorité reste donc de préserver leur sécurité et leurs intérêts économiques tout en évitant que la guerre ne se transforme en conflit régional généralisé.
Les attaques et les tensions autour des infrastructures énergétiques, des installations militaires et des routes commerciales ont déjà montré la vulnérabilité de la région.
La question de la sécurité maritime sera notamment déterminante. Outre le détroit d’Ormuz, la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb constituent des axes essentiels pour le commerce mondial.
L’ombre du conflit régional
La guerre avec l’Iran ne se limite plus au face-à-face entre Washington et Téhéran. Les développements au Yémen et en mer Rouge illustrent l’élargissement des tensions.
Selon des informations rapportées par Reuters, l’Arabie saoudite aurait demandé à la Chine d’user de son influence auprès de l’Iran afin de contenir l’offensive des Houthis au Yémen. Pékin chercherait également à éviter une extension du conflit dans une zone essentielle à ses approvisionnements énergétiques et au commerce international.
Cette dimension régionale explique en partie l’importance accordée à la réunion de New York. Pour Washington comme pour les capitales du Golfe, il ne s’agit plus seulement de savoir comment terminer la guerre, mais également comment empêcher qu’un éventuel règlement ne laisse derrière lui de nouvelles sources d’instabilité.
Une rencontre diplomatique sous haute tension
La prochaine réunion de Donald Trump avec les dirigeants du Golfe pourrait donc constituer un moment important dans la recherche d’une issue au conflit.

Le président américain doit simultanément composer avec les enjeux militaires, les préoccupations de ses partenaires régionaux, la sécurité des voies maritimes et les perspectives d’une éventuelle négociation avec l’Iran.
Dans le même temps, la présence annoncée de la délégation iranienne à l’Assemblée générale de l’ONU ouvre une fenêtre diplomatique particulière. Les États-Unis ont confirmé qu’une délégation iranienne, comprenant notamment le président Masoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, pourra participer à la semaine de haut niveau des Nations unies.
Ainsi, alors que les armes continuent de parler, New York pourrait devenir le théâtre d’intenses discussions diplomatiques.
Entre guerre et négociations
La prochaine rencontre entre Donald Trump et les représentants des monarchies du Golfe intervient donc à un tournant du conflit.
D’un côté, Washington affirme que Téhéran cherche un accord et que la guerre pourrait approcher de sa fin. De l’autre, les États-Unis n’excluent pas une reprise des opérations militaires de grande ampleur.
Entre ces deux perspectives, les pays du Golfe cherchent surtout à préserver leur sécurité, leurs infrastructures et leurs intérêts économiques.
La question centrale sera désormais de savoir si les discussions de New York permettront de rapprocher les différentes positions et d’ouvrir la voie à un règlement diplomatique, ou si elles ne constitueront qu’une étape supplémentaire dans une confrontation dont les conséquences dépassent désormais largement les frontières de l’Iran et des États-Unis.
La rédaction