Perchoir de l’assemblée nationale au Bénin/10ème législature : Joseph Djogbénou : le profil idéal

(Un parcours dense et une stature institutionnelle affirmée pour le président de l’UP-R)

À l’orée de la 10ᵉ législature, la question du perchoir de l’Assemblée nationale s’impose comme l’un des enjeux majeurs de la recomposition politique en cours. Au-delà des équilibres partisans et des calculs stratégiques, c’est la figure du futur président du Parlement qui cristallise l’attention. Dans ce contexte, le nom de Joseph Djogbénou revient avec insistance. Juriste de haut niveau, ancien ministre, ancien président de la Cour constitutionnelle et actuel président de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R), il apparaît pour certains comme le profil idéal pour incarner la deuxième personnalité de l’État.

Agrégé des facultés de droit, universitaire respecté, Joseph Djogbénou s’est d’abord imposé dans les cercles académiques avant d’investir la sphère politique. Son expertise en droit public et en contentieux constitutionnel lui a conféré une légitimité rare dans l’architecture institutionnelle béninoise.

Nommé Garde des Sceaux, ministre de la Justice, au début du premier mandat du président Patrice Talon, il a été l’un des artisans de plusieurs réformes majeures du système judiciaire. Son passage au gouvernement a été marqué par une volonté affichée de modernisation et de rationalisation des institutions.

Mais c’est à la tête de la Cour constitutionnelle qu’il a consolidé sa stature nationale. En présidant l’institution garante de la régularité des scrutins et de la conformité des lois à la Constitution, Joseph Djogbénou a occupé l’un des postes les plus sensibles de la République. Cette expérience au sommet de la juridiction constitutionnelle lui confère une connaissance fine des mécanismes parlementaires et des enjeux liés à l’État de droit.

Un homme de parti au cœur de la majorité

À la tête de l’Union Progressiste le Renouveau, l’un des principaux partis de la mouvance présidentielle, Joseph Djogbénou s’est affirmé comme un stratège politique capable de fédérer et de structurer une formation issue de fusions et de recompositions internes.

Son leadership au sein de l’UP-R ne se limite pas à une fonction honorifique. Il s’est employé à consolider l’ancrage territorial du parti, à discipliner ses troupes et à inscrire son action dans la dynamique des réformes engagées depuis 2016. Cette capacité à conjuguer rigueur institutionnelle et gestion partisane renforce, aux yeux de ses soutiens, sa crédibilité pour diriger l’Assemblée nationale.

Le perchoir : un rôle d’équilibre et d’autorité

Le président de l’Assemblée nationale n’est pas un simple animateur de débats. Il est garant du bon fonctionnement de l’institution, arbitre des tensions politiques et figure centrale du dialogue entre les pouvoirs exécutif et législatif. Dans un contexte où les équilibres démocratiques sont scrutés avec attention, la personnalité appelée à occuper le perchoir doit allier autorité morale, maîtrise des textes et sens politique aigu.

Sur ces critères, Joseph Djogbénou coche plusieurs cases. Sa formation juridique lui permettrait d’encadrer les travaux parlementaires avec rigueur. Son expérience gouvernementale lui donne une lecture pragmatique des politiques publiques. Son passé à la Cour constitutionnelle l’outille pour anticiper les contentieux et sécuriser les procédures législatives dans une dynamique de développement durable.

Une candidature aux enjeux multiples

Toutefois, la perspective de voir l’ancien président de la Cour constitutionnelle accéder au perchoir ne manquerait pas de susciter débats et interrogations. Certains y verraient la continuité d’une influence forte au sommet des institutions ; d’autres salueraient la cohérence d’un parcours entièrement tourné vers le service de l’État.

Au-delà des positionnements politiques, la question centrale demeure celle de la consolidation démocratique. La 10ᵉ législature devra relever des défis majeurs : qualité du débat parlementaire, contrôle de l’action gouvernementale, préparation des échéances électorales à venir et approfondissement des réformes institutionnelles.

Dans cette perspective, le profil de Joseph Djogbénou, marqué par une solide culture juridique et une expérience étendue des rouages de l’État, s’impose dans le débat public comme celui d’un homme rompu aux exigences de la haute responsabilité.

Reste désormais à savoir si les équilibres politiques et les arbitrages internes consacreront cette hypothèse. Une chose est certaine : à l’heure des choix structurants pour la 10ᵉ législature, le perchoir de l’Assemblée nationale ne sera pas qu’une question de majorité numérique, mais aussi de stature. Et sur ce terrain, Joseph Djogbénou dispose d’atouts indéniables.

CMM

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