(Des responsables religieux réunis à Sarcelles appellent à une procédure judiciaire respectueuse des garanties de l’État de droit)
La détention en Corée du Sud de Lee Man-hee, dirigeant du mouvement religieux Shincheonji, continue de provoquer des réactions au-delà des frontières sud-coréennes. Âgé de 95 ans et placé en détention depuis le 24 juin 2026, avant même l’ouverture de son procès, il fait l’objet d’une enquête portant sur de présumées infractions à la législation encadrant les partis politiques. Cette situation a conduit plusieurs responsables religieux établis en France à exprimer leur vive préoccupation, estimant que les droits fondamentaux de l’intéressé doivent être pleinement garantis tout au long de la procédure judiciaire.
Réunis le week-end dernier à Sarcelles, onze pasteurs, accompagnés d’une quarantaine de fidèles issus de différentes communautés chrétiennes, ont tenu un rassemblement pour appeler au respect des principes de justice, de présomption d’innocence et de dignité humaine. Les participants ont particulièrement insisté sur l’âge très avancé de Lee Man-hee ainsi que sur le fait qu’aucun jugement n’a encore été rendu dans cette affaire.

Une inquiétude grandissante autour des conditions de détention
Au cours de cette rencontre, les responsables religieux ont exprimé leur inquiétude face au maintien en détention d’un homme nonagénaire dont la santé est jugée fragile.
Le pasteur Fatoumata a évoqué une situation qu’il qualifie de profondément préoccupante, rappelant que Lee Man-hee est un ancien vétéran de guerre ayant consacré une grande partie de sa vie au service de son pays. Selon lui, l’incarcération d’une personne de cet âge avant toute condamnation soulève de sérieuses interrogations sur le respect des droits humains.
Dans le même esprit, le pasteur Joseph Sagesse, responsable de l’Église évangélique Sentinelle de Jésus-Christ de France, a retracé le parcours de Lee Man-hee qu’il présente comme un défenseur des libertés civiques. Il a déclaré être convaincu que ce dernier traverse une épreuve comparable à celles connues par d’autres personnalités religieuses poursuivies en raison de leurs convictions, affirmant notamment que « le pasteur Lee n’a ni volé, ni tué, ni commis de crime ».
Un appel au respect de l’État de droit
Le pasteur Jean-Baptiste, représentant de l’Église Source de Vie et de l’Église Assemblée de Jésus-Christ, a pour sa part insisté sur les principes universels de protection des droits de l’homme.
Selon lui, les informations actuellement disponibles alimentent un sentiment d’incompréhension et laissent penser que les accusations portées contre le dirigeant religieux demeurent, à ce stade de la procédure, insuffisamment établies. Il a appelé à une mobilisation internationale pacifique afin de veiller au respect des garanties offertes par l’État de droit et à la préservation des droits de la personne concernée.

Une affaire toujours en cours devant la justice sud-coréenne
Le dossier judiciaire concerne des soupçons d’infractions à la loi sud-coréenne régissant les partis politiques. D’après les autorités, l’enquête se poursuit et les poursuites demeurent en cours.
De son côté, Shincheonji rejette catégoriquement les accusations. Le mouvement affirme que ses membres ont agi librement, sans contrainte, et soutient que son dirigeant a pleinement coopéré avec les enquêteurs depuis l’ouverture des investigations.
Malgré cette coopération revendiquée, Lee Man-hee demeure incarcéré dans l’attente de son procès. Son âge avancé et son état de santé alimentent les préoccupations de plusieurs observateurs internationaux spécialisés dans les questions de liberté religieuse et de droits de l’homme.

Une affaire suivie au-delà des frontières coréennes
Si les autorités sud-coréennes poursuivent la procédure conformément à leur législation nationale, cette affaire continue d’alimenter les débats sur l’équilibre entre l’application de la loi, le respect de la présomption d’innocence et la protection des droits fondamentaux des personnes poursuivies, en particulier lorsqu’elles sont âgées ou vulnérables.
La mobilisation organisée en France illustre ainsi la dimension internationale prise par ce dossier, plusieurs responsables religieux appelant à ce que la justice puisse suivre son cours dans un cadre transparent, équitable et pleinement respectueux des droits humains reconnus par les conventions internationales.
La rédaction