Dans les coulisses de lâadministration bĂ©ninoise, certains hommes construisent leur influence loin des projecteurs, par les rĂ©sultats, la mĂ©thode et la constance. Nicolas YĂ©noussi appartient Ă cette catĂ©gorie de hauts fonctionnaires dont le parcours Ă©pouse les grandes transformations de lâĂtat bĂ©ninois de ces vingt derniĂšres annĂ©es.
Pendant longtemps, son nom est restĂ© discret auprĂšs du grand public. Pourtant, au sein des milieux Ă©conomiques et administratifs, il sâest progressivement imposĂ© comme lâun des principaux architectes de la modernisation fiscale du BĂ©nin.
FormĂ© Ă lâĂcole Nationale dâAdministration du BĂ©nin puis Ă lâĂcole Nationale des ImpĂŽts de Clermont-Ferrand en France, Nicolas YĂ©noussi entre Ă la Direction GĂ©nĂ©rale des ImpĂŽts en 2000. DĂšs ses dĂ©buts, il se spĂ©cialise dans les questions fiscales, le contentieux et les mĂ©canismes de coopĂ©ration internationale. Un domaine technique, souvent complexe, oĂč il forge sa rĂ©putation dâhomme rigoureux et mĂ©thodique.
Au fil des annĂ©es, il gravit les Ă©chelons de lâadministration fiscale avec une progression construite sur lâexpertise et la maĂźtrise des dossiers. En 2014, il prend la tĂȘte de la Direction des Grandes Entreprises, un poste stratĂ©gique dans la mobilisation des recettes de lâĂtat. Deux ans plus tard, en 2016, il est nommĂ© Directeur GĂ©nĂ©ral des ImpĂŽts.
Son arrivĂ©e Ă la tĂȘte de la DGI marque le dĂ©but dâune transformation profonde du systĂšme fiscal bĂ©ninois. Sous son impulsion, lâadministration fiscale entre dans une nouvelle Ăšre dominĂ©e par la digitalisation et la simplification des procĂ©dures. TĂ©lĂ©paiement, tĂ©lĂ©dĂ©claration, quitus fiscal en ligne, automatisation de plusieurs services : les impĂŽts deviennent progressivement plus accessibles, plus rapides et plus transparents. C’est Ă son avĂšnement qu’on a connu des factures normalisĂ©es, une innovation en matiĂšre de traçabilitĂ© des dĂ©penses publiques.
Mais au-delĂ de la modernisation technologique, Nicolas YĂ©noussi imprime surtout une nouvelle culture de performance. Entre 2016 et 2023, les recettes fiscales du BĂ©nin passent de 381 milliards Ă plus de 1 073 milliards FCFA. Une progression spectaculaire obtenue sans crĂ©ation de nouveaux impĂŽts, mais grĂące Ă lâĂ©largissement de lâassiette fiscale, Ă lâamĂ©lioration du recouvrement et Ă une meilleure organisation des services.
Cette évolution contribue à renforcer la crédibilité financiÚre du Bénin sur le continent africain. Depuis 2023, le pays est réguliÚrement cité parmi les références africaines en matiÚre de transparence des dépenses fiscales et de modernisation des administrations publiques.
DerriĂšre ces rĂ©sultats, beaucoup dĂ©crivent un homme discret, peu portĂ© sur les discours, mais rĂ©putĂ© pour sa discipline de travail et sa vision stratĂ©gique. Nicolas YĂ©noussi incarne cette gĂ©nĂ©ration de technocrates africains qui privilĂ©gient lâefficacitĂ© administrative aux logiques de communication politique.
En mars 2026, son parcours est officiellement saluĂ© lorsquâil reçoit le grade de Commandeur de lâOrdre national du BĂ©nin, lâune des plus importantes distinctions honorifiques du pays.
Le 24 mai 2026, une nouvelle page sâouvre dans sa carriĂšre. Le prĂ©sident Romuald Wadagni le nomme ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© des Finances et de la Microfinance. Une entrĂ©e au gouvernement qui apparaĂźt comme la continuitĂ© logique dâun itinĂ©raire entiĂšrement consacrĂ© aux rĂ©formes financiĂšres et Ă la modernisation de lâĂtat.
Avec cette nomination, Nicolas YĂ©noussi passe du rĂŽle de grand artisan des rĂ©formes fiscales Ă celui dâacteur politique central dans la gestion Ă©conomique du BĂ©nin. Pour beaucoup dâobservateurs, son arrivĂ©e au gouvernement symbolise la volontĂ© de consolider les acquis financiers du pays et de poursuivre la transformation de lâadministration publique bĂ©ninoise.
RCMM
Portrait : đĄđ¶đ°đŒđčđźđ đŹđČÌđ»đŒđđđđ¶ : le technocrate qui a redessinĂ© lâadministration fiscale bĂ©ninoise
Administrateur Général Adjoint de Cloche media monde