La campagne électorale pour les élections législatives et municipales de 2026 au Bénin a bouclé sa première semaine dans une ambiance plutôt morose. Loin de l’effervescence observée lors des précédentes consultations électorales, les activités politiques peinent à susciter un véritable engouement populaire. Dans plusieurs localités du pays, meetings clairsemés, caravanes modestes et débats peu animés traduisent une certaine lassitude de l’électorat, surtout en ces périodes de fêtes.
Dans les grandes villes comme dans les zones rurales, la campagne semble se dérouler presque en sourdine. Les affiches et banderoles sont bien visibles, les messages diffusés sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux, mais la ferveur populaire, elle, tarde à se manifester. Sur les places publiques, rares sont les attroupements spontanés autour des candidats, et les populations semblent davantage préoccupées par les réalités quotidiennes que par les promesses électorales.
Une fatigue politique perceptible
Pour de nombreux observateurs, cette campagne terne s’explique en partie par une fatigue politique accumulée au fil des années. Une frange importante de la population exprime, parfois ouvertement, un sentiment de distance vis-à-vis du jeu politique. « On entend toujours les mêmes discours, mais notre quotidien ne change pas vraiment », confie un citoyen rencontré au marché de Dantokpa.
À cela s’ajoutent les contraintes économiques persistantes, notamment la cherté de la vie, le chômage des jeunes et les difficultés liées au pouvoir d’achat. Autant de préoccupations qui relèguent la campagne électorale au second plan pour de nombreux ménages.
Des stratégies de campagne peu innovantes
Autre facteur explicatif : le manque d’originalité dans les stratégies de campagne. Les candidats et partis politiques semblent s’en tenir aux méthodes classiques — meetings, tournées de terrain, déclarations médiatiques — sans véritable innovation capable de capter l’attention d’un électorat de plus en plus exigeant. Les débats de fond sur les politiques publiques locales, la décentralisation ou encore le rôle des collectivités territoriales restent peu visibles.
Certains analystes estiment également que la forte structuration du paysage politique, avec une présence dominante de grands blocs, réduit le suspense électoral et, par ricochet, l’intérêt populaire.
Une campagne encore rattrapable ?
Malgré ce démarrage timide, tout n’est pas perdu. La campagne électorale est encore à mi-parcours, et les prochaines semaines pourraient offrir aux acteurs politiques l’occasion de réajuster leurs messages et de se rapprocher davantage des préoccupations réelles des populations. Une campagne plus axée sur l’écoute, la proximité et des propositions concrètes pourrait redonner un souffle nouveau au processus.
En attendant, cette première semaine de campagne pour les législatives et municipales de 2026 laisse l’image d’un rendez-vous démocratique qui peine à mobiliser. Un signal que les acteurs politiques gagneraient à prendre au sérieux, au risque de voir l’abstention s’imposer comme le véritable arbitre du scrutin.
CMM