Un récent témoignage poignant a ravivé le débat sur la situation des étrangers en Mauritanie. Un travailleur sénégalais, résidant à Nouakchott depuis l’enfance, dénonce la brutalité des autorités envers les migrants et travailleurs étrangers. Il appelle à une meilleure prise en compte des liens historiques et économiques entre les peuples d’Afrique de l’Ouest. Une actualité analysée dans toutes ses facettes et d’un regard panafricaniste, par Richard Ella Bekalé.*
Depuis plusieurs années, la question du traitement des étrangers en Mauritanie suscite des tensions. De nombreux travailleurs, notamment Sénégalais et Maliens, y exercent des activités économiques essentielles. Pourtant, plusieurs témoignages font état d’arrestations arbitraires, d’expulsions et de restrictions de plus en plus strictes sur leur droit au travail.
En réaction, des commerçants maliens ont lancé un mouvement de protestation en fermant plusieurs magasins mauritaniens au Mali. Ce geste symbolique soulève une question fondamentale : que se passerait-il si tous les pays africains appliquaient une stricte réciprocité ? L’économie mauritanienne, largement connectée aux échanges régionaux, pourrait en être lourdement affectée. C’est bien l’analyse qui se dégage de la lecture faite par Richard Ella Bekalé qui déplore ces traitements dégradants entre frères africains.
Les tensions actuelles mettent en lumière un paradoxe : alors que l’idéal panafricain prône une libre circulation et une intégration économique accrue, certaines politiques nationales vont à l’encontre de cet objectif. Le respect des droits des étrangers est un enjeu crucial pour une Afrique unie et prospère, se convainc Richard Ella Bekalé très touché par cette actualité qui remette en cause les valeurs d’humanisme, de solidarité et de fraternité reconnues aux peuples noirs.
Face à cette situation, de nombreux observateurs appellent les autorités mauritaniennes à une approche plus humaine et concertée. L’octroi de délais raisonnables pour la régularisation des travailleurs, au lieu de mesures répressives brutales, pourrait être une solution plus juste et bénéfique pour tous, indique comme une proposition, Richard Bekalé.
Le traitement des étrangers en Mauritanie reste un sujet sensible, qui mérite une attention accrue de la part des dirigeants africains. L’heure est venue de favoriser une coopération fondée sur le respect mutuel et la solidarité régionale, plutôt que sur des politiques d’exclusion, a-t-il dénoncé avec véhémence.
CMM