Nucléaire iranien : Paris, Londres et Berlin déclenchent le « snapback » pour réimposer les sanctions de l’ONU contre Téhéran

Une décision prise après l’échec des dernières discussions à Genève et qui risque d’attiser encore les tensions régionales.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont annoncé avoir enclenché le mécanisme de « snapback » permettant de rétablir les sanctions de l’ONU contre l’Iran, accusé de violations de l’accord sur le nucléaire de 2015. Selon une lettre adressée au Conseil de sécurité et consultée par Reuters, ce processus de 30 jours vise à restaurer des mesures levées dans le cadre du pacte signé il y a dix ans avec les grandes puissances.

Les trois capitales, connues sous le nom de E3, justifient leur décision par « l’absence d’engagements tangibles » de Téhéran à l’issue des récentes discussions tenues à Genève. Elles avaient mené plusieurs cycles de négociations avec la République islamique depuis les frappes israélo-américaines contre des installations nucléaires iraniennes en juin dernier, dans l’espoir de différer le recours au mécanisme. Mais face à l’impasse, elles ont décidé d’agir avant la mi-octobre, date après laquelle elles n’auraient plus la possibilité légale de réimposer ces sanctions.

Les Européens affirment espérer encore une reprise du dialogue. Ils exhortent l’Iran à fournir, d’ici la fin septembre, des garanties claires sur la nature de son programme nucléaire afin de suspendre la procédure. Washington, informé de la décision par les ministres européens, soutient cette position, bien qu’il ait quitté l’accord en 2018 sous l’administration Trump. L’Iran, de son côté, a déjà prévenu qu’il réagirait « durement » à tout rétablissement des sanctions, laissant craindre une nouvelle escalade régionale.

Francisco LAWSON

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Rédaction Cloche Média Monde